Deuxième tour : abstention révolutionnaire !

De nombreux militants découvrent la position de l’abstention politique. Pourtant, cette dernière est largement assumée par nos camarades anarchistes. Ces derniers ont largement de l’avance sur le plan de la construction politique.

Les anarchistes ne votent pas, car le vote est le symbole d’un spectacle qui a lieu régulièrement. À chaque élection, le travailleur doit désigner celui qui possédera le pouvoir exécutif ou législatif.

Dans le cadre de l’élection présidentielle, le vote est vu par les partisans de la démocratie représentative comme le seul moyen de démocratie. Autrement dit, tous les 5 ans pour le président ou le député ou bien six ans pour le conseil municipal, les conseillers départementaux, les conseillers régionaux, il est appelé aux urnes. Le travailleur met son vote pour celui qui gérera de manière autoritaire et sans partage de ses affaires.

En dehors de ce vote, la présence étatique est là pour rappeler que les électeurs délèguent leur pouvoir de manière absolue à des élus qui en font ce qu’ils en veulent, quand bien même ils ont pris des engagements de façade vis-à-vis des électeurs.

L’absolutisme en matière de législation fait passer alors l’électeur comme un simple pion. L’électeur subit les politiques bourgeoises pour lesquelles il a donné son bulletin de vote ou qu’il n’a pas donné son bulletin de vote. La position majoritaire, ou parfois minoritaire comme dans le cadre de « Loi Travail » se fait voir au grand jour. On lui usurpe la démocratie de force, et parfois à travers des nuages de lacrymogène.

D’autant que son choix n’est pas libre, puisque la démocratie impose des contraintes notamment financières, mais aussi techniques. La démocratie libérale ne permet le travailleur de s’émanciper du joug du capitalisme, bien au contraire, elle est comme Kraken.

Dans ce cadre, la démocratie libérale ou bourgeoise n’a que faire de l’intérêt des travailleurs. Les politiques menées vont dans le sens unilatéral d’une bourgeoisie rance, réactionnaire et conservatrice.

On nous présente Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Le front républicain ou bourgeois nous demande de voter pour Emmanuel Macron. Il ne s’agit plus d’un vote de conviction, mais d’un vote par défaut nous demandant de soutenir le programme d’Emmanuel à travers le vote. Il est le contrat entre le programme et l’électeur. Il ne faut jamais l’oublier.

Doit-on voter pour un programme qui a pour objectif de détruire le code du travail, de casser l’assurance-chômage, de libéraliser un maximum les services publics, de faire une politique d’austérité à hauteur de 60 Mds d’euros, de baisser l’impôt sur les entreprises ainsi que les cotisations patronales, d’augmenter la durée du temps de travail, de baisse les salaires, de créer 15 000 places de prison supplémentaires, de recruter encore d’avantage de policiers ? Non. Ce ne sont pas nos intérêts, mais bien celle de la classe dominante. D’ailleurs, sur de nombreux points Marine Le Pen converge avec Emmanuel Macron. Il ne faut pas le nier. Ainsi, pour ceux qui apporterait leur vote à Emmanuel Macron assumeront pleinement cette convergence avec le Front National.

Pierre Gattaz, patron du MEDEF a affirmé que

Nous sommes aujourd’hui derrière le candidat Emmanuel Macron, en tout cas sur le plan économique et social. Il n’y a pas l’ombre d’une hésitation. […] Nous avons bien compris qu’Emmanuel Macron souhaitait travailler avec les forces économiques de ce pays.  […] Nous serons vigilants pour l’accompagner dans le développement économique de la France qui devra être fait par des réformes importantes et rapides. […] Après, nous travaillons pour la France, pour les Français et pour notre pays avant tout. Donc on ne désertera pas, on sera là. […] On ne baissera pas les bras, mais ce sera de la résistance active pour éviter le pire.

Autrement dit, voter en faveur du fameux vote Républicain signifie également se ranger au côté de Pierre Gattaz. Si Pierre Laurent, secrétaire national le fait, il commet une faute politique très importante.

Dans un de ses communiqués, le GARAP (Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne) affirme que « Veauter, c’est jouer à la roulette russe avec un chargeur plein ! ». Il en sort sur ces revendications :

Choisissons librement nos propres représentants, révocables à tout moment, dans les conseils d’usine, de bureaux, de quartiers !
Organisons nos propres instruments de lutte, comités de grève, milices ouvrières, et balayons les syndicats !
Préparons la révolution prolétarienne qui instaurera la société sans classes sociales ni État !

Nous sommes dans une guerre de classe. La défense du prolétariat passe inexorablement par des idées révolutionnaires radicales et claires, mais aussi par l’attaque pour nos propres intérêts de classe. Pour commencer on s’auto-organisera, et on fera de l’abstention un devoir.

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