Les partisans de Fillon devront désormais applaudir

On se moque des vidéos sur la toile de Kim-Jong Un et de ses applaudissements des élus de son « parti politique ». Durant la campagne présidentielle, trois spectateurs d’un meeting de François Fillon ont été expulsés pour manque d’applaudissement.

Le totalitarisme prend une ampleur de plus en plus importante dans cette campagne présidentielle. La caricature fait vis-à-vis du parti Kim-Jong Un en Corée du Nord interpelle sur les modes opératoires d’un autre âge. Les dictatures avec des partis uniques poussent les citoyens à un certain formatage, mais aussi à la question du culte du leader politique sous peine de représailles. Dans le cadre de la Corée du Nord, les camps de travaux forcés, la torture et les exécutions sommaires sont les punitions pour éviter toute acte de révolte vis-à-vis du parti politique.

Dans un autre contexte, au Zénith de Toulouse, le Jeudi 13 avril, trois personnes ont été expulsées manu-militari. Le « manque d’enthousiasme » en dit large sur la position du parti « Les Républicains » vis-à-vis de la tenue des spectateurs dans leurs meetings politiques. Un code de conduite s’impose d’autant que ce n’est pas la première fois que des incidents se produisent. On se souvient que le jeudi 9 mars, un militant avait été tabassé par le Service d’Ordre parce qu’il ne s’était pas levé pendant le chant de « la Marseillaise » au Micropolis de Besançon.

Le Service d’Ordre a tenté de se justifier par ces mots :

Les trois personnes se trouvaient dans un endroit dangereux pour la sécurité du candidat. Ils avaient effectivement une attitude de neutralité qui pouvait les rendre suspects.

La position de « neutralité » dans « un endroit dangereux pour la sécurité du candidat » les aurait rendus « suspects ». Dans un programme qui défend « la tolérance zéro », le culte de la personnalité du leader politique s’impose. Aucune tolérance n’est acceptée vis-à-vis de ceux qui enfreignent le règlement interne. Au niveau d’un état, cela laisse place à toutes les dérives autoritaires et liberticides d’un état. Le modèle hongrois serait peut-être le modèle de François Fillon.

La violence du service de sécurité interroge sur la question du culte de la personnalité de François Fillon au sein du parti « Les Républicains », mais aussi d’un culte à la « patrie » et à la « Nation ». On peut se demander de manière logique si le parti « Les Républicains » ne serait pas en voie de radicalisation libérale au sens de Milton Friedman, mais le plus grave, s’il ne s’agissait pas d’une position s’inscrivant dans une logique purement totalitaire. Les prémices du totalitarisme peuvent inquiéter sur la nature profonde de l’électorat de François Fillon. Cela va de paire également avec sa logique du « Blitzkrieg » institutionnelle pour passer en force ses réformes en deux mois. Le caractère légal l’emporte sur les aspects de la démocratie, alors que la majorité des personnes souhaitent intervenir dans le processus juridique, mais aussi dans les débats politiques. La démocratie participative a fait un bout de chemin. Une contradiction importante qui sème le doute dans de nombreux partisans du candidat « néo-libéral », mais cela renforce également la popularité de son rival Emmanuel Macron, même si ce dernier s’est dit favorable à la mise en place de réforme par ordonnance dans le cadre du marché du travail.

Les arguments mis en place par le SO s’inscrivent dans une vision autoritaire et liberticide. François Fillon affirmait que « la liberté est une opportunité de prendre leur destin à pleines mains ». On se demande de quelle liberté, il parlait dans discours du Trocadéro.

Il faut noter que les trois personnes possédaient d’ailleurs toutes les caractéristiques sociales pour être des futurs électeurs de François Fillon. Les cadres supérieurs (CSP+), les professions libérales sont plus à même à se positionner pour une logique libérale du travail aboutissant à flexibilité et une paupérisation du travailleur. Ces derniers sont plus à même à penser que les travailleurs les plus pauvres, comme ceux qui n’ont pas d’emplois s’inscrivent sont responsables de leurs situations, ou qu’ils sont des assistés.

En tout cas, il n’a pas manqué que chez Révolution et Libertés, le nouveau surnom de François Fillon pourrait bien être : Kim-Jong Fillon.

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