Ils battent la campagne, ils battent les électeurs

La campagne est officiellement lancée, selon les Lois de la République. Rien n’a empêché les deux débats télévisuels : à cinq, puis à onze. Il s’agissait de la campagne officieuse, les choses changent peu, nous avons simplement des spots et des affiches officielles en plus.

Les onze candidats ont le droit à un temps égal sur les ondes radiophoniques et hertziennes. Le Gendarme que représente le CSA veille à la répartition du temps de parole.

La grande inégalité est en marche sur les platebandes de Barrès. Il faut dire que les racines de la France éternelle influencent beaucoup de candidats dans leur retranchement nationaliste et corporatiste. Le retour à la Nation, à la Patrie et à la France est une des solutions en temps de crise pour les faibles d’esprit, tout en opposant les travailleurs entre eux : selon leur religion, leur couleur de peau, leurs origines, leur sexe et genre, etc.

Les candidats peuvent maintenant proposer une affiche officielle, et surtout mettre leur nom et leur prénom sur un bulletin de vote. Des spots audiovisuels vont policer un peu plus la chose, d’une durée de 1 minute 30 chacun.

Dans la théorie du contrat social, mettre le bulletin dans une enveloppe, puis la déposer dans l’urne émet l’idée d’un contrat entre tous les votant. Dans cette idée, certains admettent qu’il existe un pacte entre les personnes, d’autres refusent ce contrat puisqu’il ne permet en aucun cas à ce que les candidats respectent leurs engagements, leurs promesses, etc. Comme les candidats ne respectent pas leurs engagements, le contrat signé par le moyen du vote est forcément nul. Entre le contrat caduc, et ceux qui refusent le contrat social, on peut dire qu’il n’y a pas de contrat, et que la démocratie n’est que du vent, pour faire perdre le temps aux électeurs. La démocratie libérale n’est qu’un cache-misère des luttes, qui ne correspond en rien à une démocratie directe.

L’abstention révolutionnaire vient in fine rompre avec l’idée que le contrat va de paire avec le vote. Il ne reconnaît pas le contrat qui fait la Nation. Mais, il reconnaît le contrat entre les personnes doivent pouvoir s’allier librement, selon leur volonté et leur choix, et vivre où il le pense. L’abolition des frontières va de paire avec l’abstention du vote, tout comme la question futile de la Communauté qui accompagne la Nation. Les communautés ethniques sont souvent basées sur des peuples, et cela ne peut que créer un communautarisme, avec l’assimilation ou non, le multiculturalisme ou monoculturalisme, religieuses, etc. La volonté est de rompre avec ces communautés identitaires en somme pour se retrouver vers une grande Communauté Humaine, où l’état et les nations seront abolis.

Sur Révolution et Libertés, nous ne croyons absolument pas au vote comme moyen de changer la société, puisque celui-ci est soumis aux tensions qui déstabilisent les sondages. À ce titre, comme le disait l’ancienne patronne du MEDEF, Laurence Parisot sur Les Echos, le 16 Avril 2007 : « Par définition les sondages ne se trompent jamais, car ils n’ont pas vocation à prédire« . La pression des sondages ne doit pas influencer le vote, puisque ce dernier n’a pas vocation à prédire les résultats, mais à donner simplement une idée de vote. D’ailleurs, il y a des écarts entre le sondage et le vote, car le sondage est un instrument artificiel créé par les différentes organisations capitalistes, dont Laurence Parisot appartient. De ce fait, on ne doit pas s’adapter en fonction du résultat du sondage, mais en restant sur une ligne idéologique, et la garder. La vague conservatrice que traverse le pays semble affirmer que le modèle social actuel est une ruine, et qu’in extenso, il faut en bâtir un autre sur l’idée du société contractuelle, où la liberté du plus fort l’emporte sur le reste. Il s’agit d’une forme conservatisme du libertarianisme.

Pour nous, choisir un des onze candidats ne nous intéresse absolument pas, puisque ce serait admettre que nous soutenons un de ceux qui va nous mettre la tête sous l’eau. Le capitalisme a différentes roues de secours. Les candidats anticapitalistes ne passeront jamais le second tour. On peut trouver deux organisations. Toutefois, Lutte Ouvrière ou le Nouveau Parti Anticapitaliste ont des lignes radicalement différentes, notamment sur le féminisme, sur les discriminations, sur la laïcité, ou sur les religions.

Les thématiques d’une campagne pour les électeurs qui résume à se faire « battre », battre la campagne, mais surtout battre les électeurs. Cette notion de violence n’échappera à personne, les électeurs sont comme des épis de blé qui passent dans le rouleau d’une moissonneuse batteuse.

Aucune solution ne pourra venir de l’élection présidentielle, mais du camp des travailleurs qui iront prendre la rue, monter des barricades, et pourquoi pas affronter les différentes milices bourgeoises : Police ou les syndicats Jaunes. La question des modalités du contrat social est violent. Accepter le contrat de la bourgeoisie, c’est accepter ses milices, dont la Police Nationale.

La lutte contre la bourgeoisie est d’abord une lutte contre le capitalisme, contre le parlementarisme, et donc les élections présidentielles, mais surtout une lutte au quotidien. Alors que change rien la campagne officielle ? Pas grand chose. Ce ne sont que des paroles de bourgeois.

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