Parlons un peu de psychiatrie, parlons des patients surtout

La psychiatrie est un sous-domaine médical comprenant la neurologie et le psychisme de la personne. On peut dire que la psychiatrie a fait de nombreux progrès ces derniers siècles, mais elle a encore beaucoup à faire, notamment en mettant fin à son aspect punitif.

Dans ma dernière émission sur Les Cahiers Libertaires, je parlais justement de la « Psychiatrie Punitive », il m’a semblé utile d’écrire un article dessus.

En France comme dans d’autres pays, il existe deux modèles de Psychiatrie : l’une est punitive, l’autre est libérale. Ces modèles peuvent être autant adaptés dans les deux types de structures : ouverte ou fermée.

En 2017, dans cette campagne présidentielle, les soins hospitaliers n’ont pas été beaucoup mis en avant, à part que les soignants créeraient de la dette selon certains candidats. La maltraitance que subît en particulier certains patients en Psychiatrie du fait de la pression de faire du chiffre, mais aussi du manque de formation et de la suppression du statut de l’infirmier en Psychiatrie devrait interroger tous les candidats. La Psychiatrie n’intéresse presque personne, alors que plus d’une personne sur dix souffre de troubles psychologiques.

La Psychiatrie se retrouve confronter à ses propres démons. Là où les « aliénés » se sont transformés en « patients » avec des droits, là où les « Asiles Psychiatriques » ont laissé place aux « Hôpitaux Psychiatriques », certaines unités sont restées dans l’idée qu’il existe un règlement interne, et que celui-ci doit être respecté à la règle sous peine de sanctions diverses et variées. Ainsi, les patients deviennent des détenus, et les soignants deviennent des matons, dont l’idée se retrouve à l’obéissance du règlement cité ci-dessus. En cas de refus d’obéir, alors le patient peut se retrouver privé de cigarette, de visites, de permissions, mais encore se retrouver dans Chambre de Soins Intensifs (chambre d’isolement).

Dans les faits, la psychiatrie punitive n’a pas pour objectif de soigner véritablement le patient, mais d’ordonner une oppression continue contre ce dernier. Ipso Facto, les contentions (chimiques ou physiques) et les moyens de protections (le SPI, SPDT ou SPRE) doivent être réévalués pour en faire une approche humaine. Je pourrai en faire un reportage dessus, mais je risque de briser ma carrière paramédicale. Mais en y réfléchissant, cela serait vraiment utile pour l’avenir de la Psychiatrie.

Les sédations abusives participent à la fainéantise du personnel médical. En effet, plus les patients prennent des médicaments proches du Loxapac (c) (la molécule est la Loxapine), plus ces derniers fonctionnent au ralenti, plus ils ne font rien, moins ils se rebellent contre l’ordre établi. Cela permet aux soignants d’éviter de travailler sur les problèmes de la patiente, de remuer les plaies, et de lui faire cracher tout son venin.

La transformation politique de l’Hôpital Psychiatrique laisse un abus important dans certaines unités où des sanctions disciplinaires seraient le bienvenu, notamment sur les différentes clauses concernant la déontologie. De manière globale, on pourrait dire que la Psychiatrie a très mauvaise image à cause de ces personnes qui lui donnent des aspects négatifs, on se retrouve ainsi plongé dans le XIXème siècle. Si la lobotomisation (opération consistant à faire une ablation d’une partie du cerveau) et les électrochocs font partie du passé peu glorieux de cette dernière, tout comme les différentes « techniques » de cette dernière ne peuvent que renvoyer à des images nauséabondes.

Ce passé nous invite à réfléchir et à blâmer la psychiatrie punitive, mais aussi la condamner de nos voix les plus fortes. Les soignants formés par la psychiatrie avaient des diplômes spécifiques pour les infirmiers, comme les aide-soignants. Il faut en moyenne près de dix ans de travail pour connaître le travail en Psychiatrie, et non quarante heures comme c’est le cas actuellement pour les infirmiers, et moins de dix heures pour les aide-soignants. Une psychiatrie à visage humaine nécessite un investissement de grande échelle, mais aussi de faire le ménage dans les unités à travers les outils qui existent déjà comme la radiation de certains diplômés.

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