Face à l’élection de tous les dangers : un Front Anticapitaliste

Vous l’avez remarqué par vos propres yeux. L’élection présidentielle se présente comme un tournant important pour la France. Entre les partisans d’une République autoritaire et libérale, et ceux d’une République repliée sur elle-même, l’espace laissé au prolétariat se réduit de jour en jour.

Il faut dire que les affaires politiciennes monopolisent le débat, mais aussi tendent à dissoudre nos propres luttes dans la fumée créée par les journaux bourgeois. Pourtant, nos conditions de travail devraient être au centre du débat, comme notre volonté de nous émanciper du capital. Nos paroles sont reléguées tout comme nos témoignages aux oubliettes. Les experts, les économistes ou encore les spécialistes spolient la parole des prolétaires pour émettre tous les jours des discours libéraux, bourgeois ou encore petit-bourgeois. La classe dominante semble totalement faire disparaitre la voie des travailleurs pour imposer un autre son de cloche.

Le communisme que je défends comme d’autres camarades, ou certains dans des positions anarchistes me conviennent d’avantage que les différents programmes qui sont exposés sur le devant de la scène. Je l’ai déjà expliqué dans plusieurs articles, si le régime est parlementaire et que la configuration de cette dernière [1] en fait d’elle un régime présidentialiste. L’hyperprésidentialisatisme semble toutefois touché à sa fin, puisque l’ensemble des paramètres pour un véritable retour à un parlementarisme semble être enfin activés. De ce fait, les véritables élections seront les législatives. Puisque ce sont ces dernières qui définiront le prochain gouvernement, et non celle pour élire le prochain président-e de la République.

Une crise politique qui renforce la « Révolution Conservatrice et Libérale »

Le communisme à travers le marxisme est un outil pour mieux comprendre le fonctionnement de l’économie, les interactions entre les différentes classes, mais aussi la montée du chauvinisme, du patriotisme et nationalisme. Il s’agit de la désintégration et de la réorganisation structurelle des partis politiques pour faire face à la crise politique, économique et sociale. De nouvelles structures se mettent en place pour reprendre les anciennes. Créer des nouveaux partis politiques avec des bases anciennes, dont les soutiens sont mis en avant pour continuer les différentes politiques libérales et austéritaires ne peut que déboucher sur la contradiction des classes sociales. De manière globale, nous assistons à une « Révolution Conservatrice » où le retour à des « valeurs fondamentales » permettrait à ces derniers de traverser la crise « globale ».

Pour les protectionnistes, un pays renfermé sur soi pour établir une carte d’un libéralisme à la carte semble avoir gagné les urnes ces dernières années. Mais, dans tous les cas, il nous plonge à travers une volonté de sortie de l’Union Européenne, dans la même crise que traverse la Grande-Bretagne où le groupement de nations est au bord de la désintégration. Sans même parler du président ultra-impopulaire Donald Trump qui en oublie même de signer ses propres décrets.

Pour les libéraux, il s’agit d’un véritable fondamentalisme où le mot « dette » devient omniprésent, à chaque phrase, chaque mot pour défendre les générations futures, mais ruiner les jeunes générations qui sont écrasées par leur chômage, et leur crise. La crise des supprimes, les différents renflouements ont fait d’ailleurs monter le déficit à plus de 7% sous le gouvernement de monsieur Fillon. Une véritable catastrophe en somme, mais l’idée est que la main invisible du marché serait trop visible alors, le libéralisme promut ressemble d’avantage à une forme de libertarianisme. Une société contractuelle risque d’engorger les tribunaux civils. Autrement dit, il s’agit de son bilan qui a fait grimper le chômage à des taux importants, suivis de la politique catastrophique de François Hollande.

Emmanuel Macron tend à reprendre le modèle mis en place par François Hollande, mais en le poussant plus loin avec d’avantage de libéralisme, d’avantage de politique de l’offre. Ce n’est pour rien que ce dernier est soutenu par Olivier Blanchard (Professeur émérite du MIT).

Keynes soupape de secours du Capitalisme ?

Que cela soit chez Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon, la question d’une vaste politique de relance pour redonner du pouvoir d’achat et soutenir les entreprises semble trouver un véritable écho chez certains militants au point que ces derniers tentent de s’allier sous une seule voix à travers la campagne « MelenchonHamon2017.fr ».

Si les programmes diffèrent, si le capitalisme est souvent caricaturé, il n’est pas question dans sortir, mais simplement d’imposer une vision sociale-démocrate. On remarque que ce modèle s’inscrit dans un contexte de capitalisme vert. On passera également sur le soi-disant « plan B » qui s’inscrit dans un capitalisme à la carte.

Il s’agit un « alteracapitaliste national-étatique de Gauche ».

Le vote possède ses propres limites, les luttes s’imposent !

La question du vote peut paraître super importante, notamment dans le sens qu’il s’agit d’une conquête au niveau démocratique. Or, je constate que le vote ne fait pas l’ensemble des victoires démocratique, et encore le vote se nourrit également de l’abstention. Une grande partie des personnes ne veulent pas participer à ce moment pour des raisons qu’ils leur sont propres. Il n’y a pas à débattre de l’abstention. De ce fait, peu importe la majorité ou les coalitions issues des élections législatives, la seule lutte sera dans la rue avec des mots forts, des slogans révolutionnaires, mais surtout une lutte sans merci contre le romantisme révolutionnaire et le réformisme petit-bourgeois, et contre l’obscurantiste qui se répand progressivement dans nos luttes sous forme religieuse, ou sous la forme du racialisme.

Cette lutte interne peu paraître désuète, et une perte de temps, alors qu’elle forme les mots d’ordre de demain, à travers une réorganisation structurelle de l’extrême-gauche. Elle porte une importance d’une grande ampleur, puisqu’il en sortira, fera que l’on pourra gagner ou non des victoires vis-à-vis de nos luttes.

Quand Eugène Pottier écrit : « Tout ça n’empêche pas, Nicolas, Que la Commune n’est pas morte ! » en 1886 dans sa chanson « elle n’est pas morte », nous étions dans l’après Commune de Paris où les Versaillais, les Bourbons, les Orléanais, les bonapartistes. En résumé, tous les opposants de la République se reposaient à Versailles pour faire tomber la Commune. À sa tête, un monarchiste convaincu : Adolphe Thiers a massacré les Parisiens de la Commune et envoyé au bagne ceux qui n’avaient été purgés. Sous fond d’anticommunisme plus aigu, la doctrine anticommuniste a été appliquée à la lettre. Malgré cette répression barbare et sauvage, les exécutions sommaires, la Commune a survécu. Aujourd’hui, le mur du fédéré symbolise un certain idéal, alors qu’Adolphe Thiers est vu comme un barbare sanguinaire et ultraconservateur.

Évidemment, les menaces de l’extrême-droite peuvent paraître importantes puisque à travers sa composante libérale, tout comme celle protectionniste peuvent inquiéter les prolétaires, puisque derrière, la régression du droit des travailleurs s’impose, puisqu’ils sont dans les logiques patronales. La question du riposte sociale de grande ampleur devient élémentaire d’autant que la CFDT, syndicat du patronat chez les travailleurs vient de ravir la première place dans le syndicalisme au niveau du privé.

Peu importe le résultat des urnes, le suffrage ne pourra enlever la fibre révolutionnaire, et encore purgé la totalité des révolutionnaires. Les purges modernes n’ont rien à voir celle qu’on subit nos aïeux, puisque ces derniers prenaient des balles en plomb dans leur chaire. Les nôtres prennent des tirs de flashball, des éclats de grenades dans leurs membres. Mais ces mutilations se doivent être faites pour des justes causes, et non pour des démonstrations, ou encore des performances vouées à l’échec. La stratégie et la tactique tombent petit à petit tomber dans l’oubli, alors qu’une logique bien bridée peut briser les vitres du capitalisme doré.

La pression de la rue que certain appelle le premier tour social ne peut se résumer ainsi comme à celui d’un second tour définitif. Un baroud d’honneur ne scellerait que l’idée du défaite dans le long terme. En conséquence, une riposte sociale ne peut que passer par une riposte révolutionnaire en se détachant du vieux monde, et des partisans du capitalisme. Ce détachement nécessite de se défaire également des romantiques qui malgré des slogans « révolutionnaires » se situent dans un réformisme petit-bourgeois. Nul baroud d’honneur, mais bien un front du travail, un front anticapitaliste global sur des bases solides.


[1] Les élections Législatives ont lieu un mois après les élections présidentielles. En théorie, le parti politique ayant eu la présidence de la République a de fait une majorité à l’Assemblée Nationale. Sauf qu’avec cinq partis ou formations politiques, il est fort probable qu’aucune majorité absolue sorte des urnes. En conséquence, des alliances politiques devront avoir lieu pour pouvoir former le futur gouvernement.


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