Manuel Valls votera pour Emmanuel Macron

L’ancien Premier Ministre Manuel Valls a affirmé sur BFM-TV et RMC que « je voterai pour Emmanuel Macron« . Une étape de plus est franchie. Dans le fond, cela s’accorde parfaitement avec son idéologie libérale et son rejet du « socialisme ».

Manuel Valls : un homme sans loyauté

La question du soutien d’Emmanuel Macron par Manuel Valls soulève de nombreuses questions notamment la loyauté de ce dernier vis-à-vis des électeurs de la primaire de la Gauche, mais aussi sur les responsabilités qu’il a prise en s’inscrivant dans la primaire.

Tout d’abord, celui qui avait régné Place Beauvau, puis à Matignon déclarait dans la presse : « Je ne peux pas apporter mon parrainage à Benoît Hamon ». Une position que la Haute Autorité des Primaires Citoyennes (HAPC) avait condamnée  en ces termes :

La Haute Autorité constate qu’un tel comportement, contrevient gravement au principe de loyauté et à l’esprit même des primaires dont l’engagement principal consiste à soutenir sans réserve le candidat sorti vainqueur.

Dans le cadre de l’article 3 de la Loi Organique n°62-1292 du 6 novembre 1962, le nombre de parrainage est de 500. Manuel Valls ne souhaitait pas soutenir la candidature de Benoît Hamon. Il n’admet pas avoir perdu la primaire, beaucoup de ses partisans et les plus fanatiques de François Hollande ont d’ailleurs rejoint Emmanuel Macron (cf. les comptes Twitter). La politique de l’offre n’a débouché sur rien, hormis une paupérisation des classes populaires et moyennes. Ces derniers s’orientent vers Emmanuel Macron, et le parti « En Marche », tout comme de nombreux députés, sénateurs, élus locaux. Il y a la volonté en priorité de fuir la social-démocratie, pour aller vers un modèle social entièrement libéralisé avec une destruction méthodique des conquêtes sociales, des structures sociales, mais aussi une augmentation de l’austérité.

La position de Manuel Valls s’inscrit dans l’implosion du Parti Socialiste. L’opposition de la politique de la demande et la politique de l’offre, entre les progressistes et les conservateurs mettent en évidence une recomposition plus ou moins globale des gauches. La Gauche Vallsiste préfère soutenir le centre-droit voir la droite, car le progrès, c’est le « libéralisme » selon ces derniers.

Manuel Valls porte une responsabilité dans la montée du Front National

Les raisons de son vote sont la menace du Front National au second Tour, voir même de la présence de Marine Le Pen à la présidence de la République. Pourtant, Manuel Valls semble refuser d’analyser les causes de la montée de l’extrême-droite. Sans cette remise en question, Manuel Valls ne peut affirmer en toute honnêteté :

Rien n’est joué pour le premier tour, ni pour le second, dans un climat nauséabond. Je crains une abstention forte, je m’étonne aussi qu’on ne souligne pas plus le risque du Front national.

L’ancien premier flic de France a pourtant déroulé un véritable boulevard idéologique à l’extrême-droite. Qui a poussé à la hausse de la xénophobie, le rejet massif des musulmans sous une critique de l’islamisme, la pauvrophobie, bâillonner toute contestation sociale, détruit le droit du travail, mis en place des politiques d’austérité, utiliser l’état d’urgence pour réprimer les opposants à la politique gouvernementale ou encore ouvert la boite de pandore concernant la déchéance de nationalité ? Il s’agit de Manuel Valls en personne.

S’il considère que l’intérêt de la Nation et de la République l’emporte sur la question des programmes à travers la seconde partie de la citation :

 Je ne prendrai aucun risque pour la République, pour la France.

On ne peut que considérer que l’un des principaux responsables de la montée de l’extrême-droite n’est autre que Manuel Valls. Mais, l’un des arguments n’est pas la montée de l’extrême-droite protectionniste ou de la version libérale prônée par François Fillon, mais une question de la crise profonde de la social-démocratie, dont l’une préfère se réformer en un parti libéral avec des idées progressistes sur les sujets sociétaux. Autant dire que nous sommes face à l’implosion du Parti Socialiste.

Vers une exclusion de Manuel du Parti Socialiste ?

Manuel Valls risque l’exclusion du Parti Socialiste à travers ses prises de paroles pour manque de loyauté comme l’indique l’article 1.2.3 des statuts du Parti Socialiste :

Les adhérents du parti acceptent la déclaration de principes et s’engagent à respecter les statuts, la Charte éthique, la Charte des socialistes pour le progrès humain et les décisions du parti. Ils ne peuvent appartenir à un autre parti, ou groupe politique relevant directement ou indirectement d’un parti autre que le Parti socialiste, hors le cas prévu à l’article 1.1.3. Ils s’engagent à ne soutenir que les seuls candidats à des fonctions électives qui sont effectivement investis ou soutenus par le Parti socialiste.

Il faut que Manuel Valls assume.


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