Le discours d’extrême-droite de Fillon au Trocadéro.

On peut dire dans les grandes lignes du discours de François Fillon que celui-ci s’inscrit pleinement dans la rupture républicaine, mais aussi s’inspire de l’extrême-droite du XIXème siècle, dont l’objectif fut justement de balayer la République pour un régime fort, autoritaire et sans pitié avec le prolétariat, les syndicats et les classes populaires.

Pour analyser le discours de François Fillon, la méthode de l’analyse littérale a été choisie afin de mettre en avant les lignes conservatrices, nationalistes et extrémistes. Mais aussi, c’est une manière de démontrer son discours entièrement implanté dans l’idéologie d’extrême-droite, dans la forme comme dans le fond.

Les extraits du discours proviennent du texte disponible sur le site de campagne de François Fillon. 


Vous êtes une « certaine idée de la France », cette idée éternelle est plus grande que moi, plus grande même que cette élection,

La question « éternelle de la France » qui se positionne au-dessus de la personne renvoie à l’idée de Maurice Barrès. Dans cette condition, les intérêts de la France sont toujours supérieurs à la volonté individuelle de l’individu. Le renvoi de la question éternelle amène également la question du droit du sang si chère aux antirépublicains contre le droit du sol, base de la nationalité chez les républicains de tous poils.

Vous êtes la France qui vient de loin, héritiers d’un passé toujours présent.

Une fois de plus, « la France […] héritier-e d’un passé toujours présent » ne peut qu’accentuer les fractures au sein même de son propre parti.

L’utilisation des références de Maurice Barrès, parfois influencée par Charles Maurras ne peut que démontrer que la « droite » revient à ses fondamentaux. Barrès déclarait que « la sagesse française [est] héritée de nos ancêtres » ou encore « La terre nous donne une discipline, et nous sommes les prolongements de nos ancêtres » [La Terre et les Morts].

La question de l’identité politique du parti Les Républicains est fondamentalement remis en cause par ses hommes politiques. Cela interroge du virage particulièrement extrémiste pris par François Fillon.

L’influence des idéologues d’extrême-droite au sein du parti « Les Républicains » se répandent à marche rapide. Les termes utilisés, tout comme les phrases témoignent de cette logique de refus de la République, tout comme le refus de la Démocratie. Il s’agit du conservatisme poussé à l’extrême.

On retrouvera également des phrases très similaires dans « les Blancs, les Juifs et Nous » de Houria Bouteldja.

La France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans culottes, la France qui a brillé et qui continue de briller dans les arts, les sciences et les technologies, la France qui oppose aux terroristes et aux tyrans sa force morale et militaire.

Dans le même sens, la diatribe ci-dessus s’inscrit dans une ligne plutôt Maurrassienne. Mettre « les paysans, l’Église, les châteaux » à la suite revient à mettre en évidence la campagne sous une logique monarchiste et religieuse oubliée par la ville. La religion a une place importante dans le schéma politique de François Fillon.

Les sans-culottes sont sûrement une erreur, puisque nous le retrouverons sous la forme des « assistés » dans les lignes suivantes. Pourtant, il s’agit d’arrondir les lignes de son antirépublicanisme primaire. Les sans-culottes représentent le tiers-état, à savoir les classes populaires et les classes moyennes (la bourgeoisie). Pourtant, la droite historiquement a préféré se positionner à la droite du roi, comme à la droite de « Dieu », mais certainement pas du tiers-état, de ses classes populaires et de son prolétariat naissant.

Le fait d’utiliser les deux termes : « briller » et « continue de briller » incarnent l’idée que la « nation française » est le phare pour l’ensemble de l’Humanité. Mais cet autocentrisme relève une fois de plus d’un nationalisme qui se justifie à travers l’art, les sciences et les technologies.

Dans une autre partie, il y a la valeur militaire, guerrière, la capacité à se surpasser. On peut dire que si ce dernier parle de la force morale dans le cadre du combat avec des armes contre le terrorisme, on peut dire cela entre en vigueur avec les alliés islamistes du parti « Les Républicains », et des différents tyrans qu’il soutient comme Bachar Al-Assad.

La question guerrière aboutie inexorablement à une vision du fascisme, dans le sens que la lutte physique fait la nation.

La République est née de siècles de combat pour faire triompher l’intérêt général.

Elle est une révolte face aux facilités, face aux échecs.

Elle n’est que mouvement. Si elle tombe, elle se relève telle Gavroche sur sa barricade.

Une République sur fond d’intérêt général doit se comprendre comme une République basée sur l’exploitation, la méritocratie et la guerre aux pauvres. Cet intérêt général est la tradition du droit naturel, et des principes qui forgent de la droite.

La République née sur fond d’injustice sociale (le tiers-état contre la noblesse), de banqueroute, de hausse massif des prélèvements fiscaux, et du volcan Islandais Laki. Il n’est pas question de « facilités » ou « d’échec ». La question de l’égalité est largement mise en avant, là où la droite s’inspire de l’égalité des chances de Philippe Pétain pour opposer à l’égalité réelle.

Gavroche sur sa barricade ne soulève pas en faveur de la République, mais contre la bourgeoisie, son exploitation et son monde. Son programme se résume à un Blitzkrieg économique, dont la violence soulèvera de nombreuses barricades. Il n’hésitera pas à broyer les mouvements populaires. Ainsi, Gavroche se soulève contre Fillon et son monde. Si Gavroche meurt, alors c’est le prolétariat que Fillon souhaite assassiner dans l’œuf, et non la République.

Oui, pacifiquement et patiemment, vous êtes ensemble le peuple qui tous les jours est au travail, qui croit à la famille, à l’ordre juste, qui respecte le drapeau tricolore, le peuple qui ne fait pas de bruit, qui a du bon sens.

Lorsque, François Fillon affirme que « vous êtes ensemble le peuple », il tente une différenciation entre le peuple d’extrême-droite dont il attribue des vertus. Cela sous-entend que ceux qui ne votent pas pour Fillon ou sa famille politique sont au chômage, n’ont pas de famille, et ne respectent pas le drapeau tricolore (qui est sûrement vrai pour certains).

L’ordre « Travail, Famille, Patrie » diffère légèrement dans le texte, puisque le terme « patrie » est remplacé par « peuple ». Cela renvoie tout de même à l’idée de la nation et de la patrie. Le triptyque de François Fillon peut-être « Peuple, Travail, Famille » ou « Travail, Famille, Peuple ». Dans les deux cas, il s’agit d’une référence manifestement pétainiste.

La citation « à l’ordre juste, qui respecte le drapeau tricolore, le peuple qui ne fait pas de bruit » renvoie inexorablement à « la majorité silencieuse » tant défendue par Nicolas Sarkozy sous son mandat. François Fillon était à l’époque, Premier Ministre. La question de son utilisation s’inscrit une fois de plus dans une vision Maurrassienne du Pays.

De plus, dans le cadre sémantique de la phrase, la question du « bon sens » ne peut que renvoyer à l’univers de Pierre Poujade (mais aussi à Jean-Marie Le Pen) et du Général Boulanger.

Vous êtes les électeurs de la droite et du centre, bien décidés à faire de l’élection présidentielle le point de départ d’un pays qui renait, un pays dont vous et vos enfants seraient fiers, un pays qui affirme sa volonté d’être une puissance gagnante, la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans.

En s’adressant à ses électeurs, François Fillon utilise le verbe « renaître » (dans le discours « le pays qui renaît »). La naissance nationale s’inscrit une fois de plus, dans l’idée que la nation n’est que ruine, cendre et désolation, qu’il faut reconstruire la France pour sa grandeur, mais aussi la propagation de ses idées. L’idée d’une renaissance nationale se base une nouvelle sur les écrits des Maurice Barrès, à travers son livre La Terre et Les Morts. Sans « conscience nationale », il n’y a pas de renaissance. Ce n’est pas pour rien que le sous-titre se nomme : Sur quelles réalités fonder la conscience française ?.

Ensuite, la question de la fierté des enfants de François Fillon s’inscrit manifestement dans une volonté de victoire d’une guerre économique entre les nations européennes. Cette guerre se conçoit également contre l’Allemagne. L’esprit guerrier et revanchard s’inscrit dans la volonté de faire une « puissance gagnante ».

L’idée ne peut que résulter d’un constat décliniste : la France serait perdante. Une vision qui tend à exciter l’imaginaire collectif dans l’électorat conservateur. Le déclinisme peut se résumer en une idéologie mortifère, puisqu’elle incite la guerre entre les peuples, la compétition entre les peuples pour donner une « fierté aux enfants ». Autrement dit, pour que les nouvelles générations se sentent « patriotes », les tensions nationales et économiques doivent être accrues.

Mes amis, vous savez mon diagnostic : je crois que notre pays décline et que l’heure est à un dépassement collectif.

Le déclinisme (sic) permet aux conservateurs de démontrer que le futur présente une menace solide pour l’avenir de tous. Plus la société avance, plus elle s’effondre, s’affaisse et devient de plus, en plus faible.

Dans ce cadre, il s’agit de remettre en avance la question du « patriotisme » et du « nationalisme » pour justifier « le déclinisme ».

Cette logique s’inscrit à « un dépassement collectif », autrement dit « se soumettre à la nation », et par ailleurs, ce dépassement consiste à avancer vers une dynamique où la bourgeoisie renforcera son contrôle, son oppression, et sa répression à tous les étages. La classe dominante se retrouve renforcée avec davantage de pouvoir, mais les conditions de vie pour les classes populaires, les travailleurs vont se détériorer. Le « dépassement collectif » consiste à se soumettre à « la bourgeoisie ».

Six millions de chômeurs, neuf millions de pauvres, une jeunesse en déshérence, un pays qui doute, des Français qui se divisent, la haine qui s’installe.

Quand François Fillon parle « d’une jeunesse en déshérence », il souhaite montrer qu’il y a une absence « d’héritier naturel » pour la Jeunesse. Par défaut d’héritage politique, alors l’état doit prendre en charge le fait d’assurer un héritage à la jeunesse. Ce relai répond inexorablement à la question d’une « jeunesse perdue ». Dans les faits, la jeunesse n’est pas en « déshérence », ni même dans une certaine « décadence ». François Fillon parle de la jeunesse « conservatrice », et non la jeunesse au sens large. La jeunesse « conservatrice » est tiraillée entre deux choix : l’un en faveur d’un libre-échange, l’autre en faveur d’un protectionnisme, mais les deux sont profondément ancrés dans un libéralisme économique, et souvent le plus extrême.

Le « pays qui doute » laisse entrevoir que l’interrogation est quelque chose de mauvais. Mais aussi, cela renvoie au déclinisme (sic), à la décroissance tant fantasmée par les conservateurs. On notera que de nombreux conservateurs et réactionnaires sont souvent favorables à cette doctrine. Cela répond à l’idée que c’était mieux avant.

L’affirmation que « les Français se divisent ». La question de la division semble l’interroger. Pourtant, les Français sont déjà divisés à travers la « division du travail », ce qui découle d’une division en fonction des différentes classes sociales. L’accentuation des phénomènes liés à lutte des classes s’intensifient, les contradictions augmentent. Ce sont des divisions structurelles propres au développement du capitalisme (étatique, libéral ou libertarien). Alors que les divisions organiques sont alimentées par les conservateurs : l’opposition de la campagne et la ville, l’opposition des périphéries et la ville, l’opposition entre les habitants selon leur religion, de couleur de peau ou même d’orientation sexuelle.

On peut dire clairement que « la haine s’installe », comme le souligne François Fillon. Toutefois, ce dernier comme ses partisans en portent une lourde responsabilité. D’ailleurs, nul ne peut ignorer que Fillon a été élu par le vote de ceux qui viennent de l’extrême-droite. De nombreux sites d’extrême-droite ont d’ailleurs appelé à voter ce dernier lors des primaires de « la droite et du centre ».

Il ne faut pas aller plus loin. Le programme de Fillon est programme contre le prolétariat, mais aussi qui installe avec Marine Le Pen une haine durable dans le paysage français.

Le second scandale, c’est celui de tous nos concurrents qui, indifférents à toutes les réalités économiques, ignorant tous les défis du monde, n’hésitent pas à promettre les 32 heures, le retour du franc, l’augmentation des dépenses publiques. Et qu’importe la faillite !

Lorsqu’ils parlent des concurrents, il s’attaque inévitablement dans un premier temps à Benoit Hamon, Marine Le Pen et enfin Jean-Luc Mélenchon.

Ils affirment ainsi que ses adversaires sont « indifférents à toutes les réalités économiques » et ignorent « tous les défis du monde ». On pourra constater que la tentative de mettre en avant la mégalomanie, avec une personne qui semble tout savoir peut interroger.

La question de « promettre les 32h00 » s’inscrit manifestement dans la volonté d’une hausse massive de la durée du travail (sans mettre en avant que cela génère une hausse massive du chômage). Celui-ci souhaite mettre un plafond à 48h00, soit une durée hebdomadaire de pratiquement 10h00 par semaine pour ceux qui feront la journée de 5 jours ou 8h00 pour ceux qui font celle de 6 jours. Cela s’inscrit parfaitement dans le livre nauséabond intitulé Le Négationnisme économique d’André Zylberberg et Pierre Cahuc.

Pour des personnes affirmant que la baisse de la durée légale du travail ne génère pas d’emplois et diminue la compétitivité, on peut dire qu’il ne maîtrise pas vraiment l’aspect scientifique de l’économie, ni même son pluralisme. En effet, toutes les études ont démontré que le passage à la semaine de 35h00 a permis de baisser le chômage massivement, et de renforcer la compétitivité des entreprises. Le sujet peut paraître tabou, mais l’axiome des capitalistes affirment que le travail ne se partage pas. Ainsi, François Fillon et ses acolytes vivent dans une période proche de 1848. Même si les journées étaient souvent de 12 à 14h00. Le conservatisme voit dans ces personnes, l’âge d’or de la France du Travail.

On passera sur le retour au « Franc ». D’ailleurs, nombreux de ses partisans lépeniste y sont favorables en tant que solution alternative. On notera d’ailleurs que François Fillon, tout comme Marine Le Pen sont favorable à de vastes plans d’austérité pouvant se résumer à des mémorandums nationaux. L’un prévoit 100 Mds d’euros en matière d’économie budgétaire, l’autre prêt de 80 Mds d’euros.

Enfin, la hausse de la dépense publique s’accompagne également par une hausse des recettes publiques. De ce fait, le ratio tend à diminuer l’impacte budgétaire. Mais, la politique de la demande n’est pas très bien vue par les libéraux. Ces derniers préfèrent utiliser cet outil quand il s’agit de renflouer massivement le portefeuille des capitalistes responsables de la crise économique.

Dans une optique similaire à la vision de Donald Trump, ces derniers considèrent un état comme une entreprise, celle-ci peut faire faillite.

Cette démagogie devrait se heurter à un mur de raison, mais non, le boulevard est ouvert à tous les illusionnistes et les extrémistes.

Le « mur de la raison » interroge sur la raison de François Fillon. On a déjà dit que François Fillon était un extrémiste anti-républicain. De ce fait, en affirmant que le « boulevard est ouvert à tous […] les extrémistes » François Fillon tente de se démarquer des « extrêmes »,  mais la campagne lui a ouvert un boulevard avec les « extrémistes » et les « illusionnistes ». Il n’y a pas de différence entre le « Fillonnisme » et « l’extrémisme ».

Je veux parler du totalitarisme islamique.

Toulouse, Charlie, l’Hypercacher, le Bataclan, les terrasses parisiennes, Nice… […]
Parce que je crois que toute personne coupable d’intelligence avec l’ennemi doit être condamnée ; parce que la France ne peut pas servir de sanctuaire, de base arrière à l’islamofascisme ; parce qu’il faut extirper de notre corps social cette tumeur qu’est l’antisémitisme. ; parce que nous ne pourrons jamais accepter que sur notre sol, comme partout dans le monde, les femmes soient assignées à résidence et traitées comme des citoyennes de seconde zone.

On passera le passage sur le totalitarisme islamique pour la raison suivante :

Le Hezbollah est un parti islamiste Chiite au Liban. Sa branche armée combat auprès de Bachar Al-Assad, qu’il soutient aussi. De ce fait, le programme de Fillon est totalement compatible avec l’islamisme, et sa doctrine. Ensuite, soutenir une organisation terroriste islamiste ne semble pas lui causer de problème.

Enfin, quand il affirme « il faut extirper de notre corps social cette tumeur qu’est l’antisémitisme », il ferait mieux de la sortir de son propre parti politique, le Hezbollah est une organisation terroriste, par ailleurs antisémite.

Le meilleur service que nous puissions rendre à notre pays mais aussi au monde, c’est de nous engager résolument sur la voie du redressement, c’est de restaurer la cohésion nationale et l’autorité de l’État.

Les termes « la voie du redressement », « restaurer » renvoie à la doctrine décliniste qui pullule chez les conservateurs. Dans le cas présent, il s’agit de la cohésion nationale, dont on verra que la cohésion sera encore plus effritée, mais se retrouver autour de « la patrie » et « la nation » pour une guerre frontale contre les pauvres.

On peut en déduire que cela se fera dans « une autorité de l’Etat », c’est-à-dire avec des bains de sang. Ce ne sont que des pauvres, des chômeurs, des assistés, des fainéants selon les conservateurs. Le terrorisme pourra renforcer l’approche liberticide contre les pauvres pour continuer l’oppression.

A l’heure où certains histrions parlent de crimes contre l’humanité, je veux rappeler que la France est avant tout un pays de liberté, que les Français ont dans le monde répandu l’esprit des Lumières et que dans les pires heures de son Histoire elle a toujours su retrouver les voies exemplaires du courage et de la réconciliation.

En nommant Emmanuel Macron de « Histrion », il le qualifie de « personnage qui se donne en spectacle en usant d’effets outranciers ». De se fait, François Fillon, par cette analogie considère que la politique se résume finalement à un spectacle, c’est-à-dire à un espèce de « one man show ». L’usage de la dialectique du spectacle renvoie inexorablement à l’effet Trump. Le plus dramatique, les propos les plus outranciers ne sont pas ceux d’Emmanuel Macron, mais bien ceux de François Fillon qui en partant à la chasse des votes de Marine Le Pen adaptent son discours à cet électorat.

Les références au crime contre l’Humanité viennent de cette déclaration faite par Emmanuel Macron sur chaîne de télévision algérienne :

C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes.

François Fillon refuse d’affirmer que la colonisation est « un crime contre l’Humanité ». Cela  le pousse d’une part à soutenir la colonisation, mais aussi les conséquences de la colonisation. Dans le cas présent, il s’agit pour le candidat d’extrême-droite de soutenir les guerres de conquête, les occupations de territoire, les spoliations des terres, les actes de tortures, les crimes de masses. Par exemple, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945 ont fait entre 3 000 et 30 000 morts au nom des droits de l’homme.

Ce n’était pas pour amener la liberté et encore moins l’Esprit des Lumières. Au contraire, il s’agissait de sa contradiction même, puisque l’obscurantisme a été important dans ces territoires sous fond d’impérialisme économique (cf. Lénine).

Pour une réconciliation, ce n’est pas en niant les faits et l’Histoire que cela se fera, mais en les affrontant. Force est de constater que la France de Fillon est également celle nostalgique de l’empire colonial, et sûrement de l’OAS.

La diversité est un bien précieux quand elle sait se conjuguer avec nos traditions. Car plus haut est l’arbre, plus profondes sont ses racines.

Une fois de plus, François Fillon revient sur des phrases s’inspirant de Maurice Barrès « La patrie est plus forte dans l’âme d’un enraciné que dans celle d’un déraciné » [La Terre et les Morts].

Dans leur tour d’ivoire les commentateurs tournent en rond autour des mêmes constats négatifs, des mêmes renoncements, du même pessimisme tarifé, fasciné par la critique et le besoin de détruire, de salir.

Quand François Fillon attaque les Médias, il ne les attaque pas sur le fond, pas sur la forme, mais sur le fait que ce sont des médias. Ces derniers sont caractérisés comme profondément isolé et coupé du monde extérieur. De ce fait, ils n’ont plus les pieds sur la question réelle de la France. Nous retombons une fois de plus, dans la dialectique Maurrassienne.

Les commentateur-e-s des différentes chaînes d’information sont alors accusés de « faits » que le présent discours de François Fillon met en avant : le déclinisme.

Non, messieurs les socialo-centristes, non, mesdames et messieurs les extrémistes de tous bords et de toutes obédiences, il n’y a pas de fatalité.

François Fillon invente les « socialo-centristes », une conception qui tend à démontrer que le mouvement centriste s’inspire du socialisme. Une fois de plus, l’extrémiste se ridiculise.  Mais, il n’y a pas de fatalité à voter François Fillon pour les gens de droite.

Être fiers d’être français, être fiers de la France voilà un programme qui doit vous mobiliser, vers lequel vous devez tendre sans relâche. […]

Mes chers amis, la fierté est un bien précieux, un moteur pour la France.

On ne peut plus être clair sur la vision du nationalisme et du patriotisme.

Fini le temps des dogmes, fini le temps des idéologies mortifères ; fini celui des illusionnistes.

L’idéologie mortifère du capitalisme a ses défenseurs.


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