L’extrême-droite soutient le projet décliniste et obscurantiste de Trump

Sur Radio J, le candidat nationaliste Nicolas Dupont-Aignant a affirmé que Donald Trump « pense ce que beaucoup de Français ressentent », autrement dit une idéologie clairement antisémite, xénophobe, ultra-libérale, protectionniste et pro-NRA.

L’extrême-droite applaudit au diapason les sorties maurrassiennes de Trump

Le nouveau Président Américain n’a toujours pas compris qu’il était à la maison blanche, alors ce dernier a organisé un meeting. Il a déclaré que

J’ai un ami, c’est quelqu’un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille […]. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps et j’ai dit “Jim, comment va Paris ?”; « Je n’y vais plus. Paris n’est plus Paris

On ne peut que s’interroger sur la personne très importante que peut représenter Jim. Dans le cas présent, on peut remarquer la tentative de mettre en scène le fameux ami qui va en France pour déverser la diatribe ci-dessus. En l’occurrence, on peut se poser des doutes sur son existence. Mais cela fait écho à son discours en juillet 2016 :
Ils ne vont pas m’aimer pour dire ça, mais regardez ce qui s’est passé à Nice [où 84 personnes avaient été tuées le 14 Juillet dans un attentat au camion-bélier, NDLR]. Vous avez vu ce qui s’est passé hier avec le prêtre ? […] La France n’est plus la France.
Dans le cadre de la première citation, on peut clairement concevoir que Paris a perdu statut de ville, donc son statut de capitale. En poussant plus loin, une nation sans capitale n’est plus une nation. Ainsi, la xénophobie le pousse à affirmer en substance que la France n’existe pas. La Référence maurrassienne interroge la conception même de la République de Donald Trump. Alors qu’il est au Parti Républicain, celui-ci souhaite tout de même en découdre avec la République pour créer un état américain se basant sur un âge d’or inexistant provoquant la dystopie générale. Le mouvement décliniste se base sur le XVIII ou XIXème siècle comme moyen de revendication : racisme débridé, antisémitisme légion, esclavagisme, l’idéal des états sudistes et l’ultralibéralisme. On notera que l’élection de Donald Trump a permis une hausse massive des actes antisémites, dont il est le seul à porter la responsabilité. De ce fait, on constate entre les lignes qu’il s’agit d’une manière pour Donald Trump de quémander un régime basé sur l’autorité, la sécurité et le racisme. La question démocratique n’est que subalterne. Donald Trump s’inspire de l’ultra-droite pour mettre en place ses idées politiques.

Pourtant, malgré sa position que l’on pourra juger à plusieurs égards comme celle d’un extrémiste n’ayant peu ou presque pas de culture, ses propos s’inscrivent dans un nationalisme débridé. Ce dernier provoque le rejet des peuples, mais aussi permet les guerres entre ces derniers pour favoriser la bourgeoisie, dont Donald Trump est issu.

Le Nationalisme le plus extrême trouve toujours des alliés chez les conservateurs en France. Qu’il se situe dans l’extrême-droite protectionniste ou ultralibérale, on peut dire quand il s’agit de soutenir les positions antirépublicaines de Donald Trump, ils se mettent au garde à vous.

François Hollande réagit, l’extrême-droite s’allie à Trump

Dans le cadre des différentes attaques du Président des États-Unis d’Amérique, il apparaît tout à fait normal que celui-ci réagisse. Ainsi, François Hollande s’est exprimé sur les propos de son homologue dans un cadre purement diplomatique :

Heureusement, depuis plusieurs mois les touristes américains sont revenus en nombre parce qu’ils voient que les autorités françaises font « un effort considérable pour assurer la sécurité » […] Et je ne ferai pas de comparaison mais ici il n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule.

Pourtant, si la deuxième partie de la phrase est clairement maladroite, tout le monde comprendra qu’il s’agit des tueries quotidiennes, des dizaines de milliers de morts par balles et du marché des armes, sauf pour les lepéno-fillonistes et consorts.

Le candidat à l’élection présidentielle sous le mandat du parti « Les Républicains » et de l' »UDI » s’est exprimé ainsi :

Tout comme Nicolas Dupont-Aignant s’interroge sur les « plusieurs centaines de morts dans notre pays (au cours des attentats)« . Une interrogation qui ne débouche que sur de la rhétorique, mais pas sur les milliers de morts chaque année aux états-unis. Ses alliés du Front National ont eu des réactions similaires. Autant dire que sur un même son de cloche, la condamnation des propos du président de la République s’imposant, défendant in extenso le modèle sécuritaire américain.

Environ 30 000 à 40 000 de personnes décèdent sous les balles sous la forme d’un accident, d’un homicide ou d’une tuerie (le tireur et les victimes meurent sur les lieux). Sur l’ensemble du mandat de Donald Trump, cela fera plus 120 000 personnes qui seront mortes sous les balles, les douilles ou les plombs. Les Etats-Unis d’Amérique sont le pays où le nombre de détenu est le plus élevée (aux alentours de 1 Million de personnes), où des personnes purgent des peines de plusieurs vies pour des délits mineurs. Autant dire que l’insécurité est légion, malgré une répression très importante. Les mesures de Donald Trump s’inscrivent dans un soutien sans faille à la NRA c’est-à-dire le droit d’acheter, de vendre et de posséder des armes sous le prétexte « les armes ne tuent pas, les êtres humains oui ». Cette mascarade participe à l’organisation de ces homicides, dont Donald Trump est « le » responsable aujourd’hui. À ce jour, il y a eu plus de morts américains par armes à feu que dans les différentes guerres. Mais aussi, un Américain a plus de risque de mourir dans un meurtre que dans un attentat terroriste. Cela interroge profondément de la réelle volonté de Dupont-Aignant en matière d’armes à feu. Est-ce qu’il veut des Claude Hermant vendre des armes à des Amedy Coulibaly de manière quotidienne ? On se le demande. Dans le cas présent, cela correspondrait en proportion près à 7 500 morts par an (contre 250 à 300 actuellement). Cette hausse se situe entre 25 à 30 fois plus. La sécurité exige du sang et des meurtres.

Il continue en affirmant que « si les Français ne reprennent pas en main notre pays, M. Trump aura eu raison de le dire ». Une nuance qui permet justement de le mettre sur une frontière poreuse. Sur le fond, Donald Trump n’a rien fait à ce titre, si ce n’est se trouver sur la sellette, avec de nombreux abus de pouvoir, et une enquête du FBI sur les liens entre son équipe de campagne et les services secrets russes.


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