La géopolitique selon Trump (2)

le-mur-de-trumpLa question de l’immigration aux États-Unis d’Amérique se confronte progressivement à celle de créer un mur entre elle et le reste du monde. Trump souhaite créer un mur sur sa frontière avec le Mexique.

Une dialectique clairement néo-nazi

Dans sa première interview de CBS (après les élections américaines), Donald Trump a affirmé que durant son mandat, les expulsions atteindraient jusqu’à 3 millions de personnes, essentiellement vers le Mexique. Cela se poursuivrait avec un rythme pouvant atteindre 750 000 immigrés par an.

Il a déclaré : “Appelez ça déportation si vous voulez !”. Le terme déportation dans le langage renvoie expressément à la question de la Shoah, mais aussi à d’autres génocides. Utiliser le mot “déportation” n’est pas bénin, surtout dans une interview d’une grande chaîne comme la CBS. En effet, cette dialectique va de paire avec celle qu’il avait utilisée lors de la conférence devant la Coalition Juive Républicaine en décembre 2015. Il avait effectivement flirté avec l’antisémitisme en multipliant l’ensemble des stéréotypes.

Il faut dire que le fils de Trump a affirmé que : “si les Républicains en avaient fait autant, ils seraient en train de faire chauffer la chambre à gaz”. Le “ils” concernent républicains. Qu’est-ce qu’ils font chauffer ? Des journalistes. Autant dire qu’il s’agit d’une volonté d’exterminer tous les journalistes ne répondant pas aux codes “républicains”, mais aussi faire une preuve de révisionnisme en faisant une fois de plus référence au nazisme.

Si la question de déportation ne semblent pas vraiment choquer l’appareil républicain là-bas comme ici, elle fait suite à une analyse particulièrement ethnodifférentialiste de la société. En effet, Donald Trump considère les immigrés comme potentiellement inférieur à l’Américain et surtout criminels. De ce fait, le contexte des expulsions sera massif. Cela fait un peu plus de 2000 personnes qui seront expulsées quotidiennement, soit l’équivalent d’environ 4 Airbus A380 tous les jours, et cela, pendant 4 ans. On peut considérer qu’il y aura des pics. Un pont aérien entre l’Amérique et le Mexique se fera comme le souhaite Trump.

Cela témoigne de la volonté de nettoyer ethniquement l’Amérique, afin d’y installer une certaine pureté. La purification ethnique va de paire entre les déportations et son sens historique. Si certains pensent qu’il s’agit d’un dérapage, il n’en n’est rien. Puisqu’il s’agit de son idéologie la plus profonde. D’autant qu’avec les études critiques de l’Histoire, le terme reste très proche du génocide juif. Les mots peuvent être marqués de l’Histoire.

D’ailleurs, on remarquera que la terminologie d’assimiler les “immigrés” à des criminels va de paire au concept du “juif errant”, c’est-à-dire de l’homme invisible, agressif et voleur. Cette comparaison va de paire avec l’idée particulièrement antisémite de Donald Trump.

Rien ne peut corrompre le fait qu’il soit antisémite. L’argumentation largement utilisée par les conservateurs est que sa fille, Ivanka Trump est mariée avec Jared Kushner, et s’est convertie au judaïsme. Sauf qu’Ivanka Trump n’est pas Donald Trump, cela ne permet en aucun d’excuser la doctrine de son père, puisque ce sont les propos de son père, pas de sa fille.

Le mur continu entre les États-Unis d’Amérique et le Mexique

La campagne de Donald Trump s’est axée sur la création d’un vaste “rideau de fer” entre les États-Unis d’Amérique et le reste du Monde. Il est évident que la Frontière entre le Mexique et les États-Unis d’Amérique risque de faire de même entre le Canada et les États-Unis d’Amérique. En effet, la question de l’émigration vers le Canada risque de déstabiliser le président actuel et de créer à long-terme un conflit diplomatique entre les deux pays.

Il a d’ailleurs souligner à de nombreuses reprises, son intention de le faire payer par le Mexique. Sauf que depuis son accès quasiment certain à la présidence, il a affirmé que le mur serait bel et bien construit, mais sans l’aide du Mexique.

Donald Trump souhaite faire de certaines villes ressemblant à Berlin-Est et Berlin-Ouest, comme c’est le cas entre El Paso et Ciudad Juárez. Les deux villes ne forment qu’une, mais un mur les sépare et leur donne deux noms différents.

Dans ce contexte, on constate qu’il abandonne progressivement son programme. Ce dernier a poussé la frange la plus conservative a voté pour lui. Le plus absurde est qu’il existe déjà un mur, mais discontinu (une barrière métallique de quarante mètres de large) entre les États-Unis d’Amérique et le Mexique d’une longueur de 1300 km. Elle avait été mise en place à travers le Secure Fence Act voté par les Républicains sous la présidence de Georges W. Bush. Le coût de l’actuel mur est de 10 à 20 Mds de dollars selon les démocrates. Ce qui laisse croire que le mur continu de Trump est estimé entre 20 à 40 Mds de dollars sur le dos du contribuable américain, impliquant une dette supplémentaire.


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