Un an après les attentats du 13 novembre

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Pierre Le Bec – Révolution Et Libertés ©

Les attentats du 13 novembre à Paris ont marqué profondément la France et l’ensemble des pays. La revendication de l’attaque par l’état islamique ne fut point une nouvelle, mais ce fut surtout un moment de panique et de deuil.

En ce soir de mi-novembre 2015, les terrasses grouillaient de personnes buvant de la bière, des alcools forts, ou dégustant de somptueux repas. Le vendredi soir, synonyme de la fin de la semaine pour beaucoup de personnes. Après le stress de la journée vient le moment de détente. D’autres vont voir des spectacles, des pièces de théâtre ou des concerts dans des salles de prestige.

Certaines personnes sont allées au Bataclan pour écouter Eagles Of Death Metal 1, d’autre ont préféré voir The DO à l’Olympia. Après tout, c’était une question de choix et surtout de goût qui résume le libre-arbitre de la personne.

Il s’agissait d’une soirée comme une autre. La superstition du vendredi 13 battait son plein comme plusieurs fois dans l’année. Il faut dire qu’avec les différents lotos, les différentes publicités permettent à ceux qui y jouent de rêver d’un gain pharaonique. Le rêve dont les chances sont très infimes de se transformer en gain.

Rien ne pouvait prédire que ce soir-là, un massacre allait être commis de sang-froid par différents commandos d’une organisation terroriste. À vrai dire, chacun a été surpris par l’attaque elle-même, mais aussi par son ampleur.

À Saint-Denis, les spectateurs assistaient au match France-Allemagne. Le stade de France peut accueillir jusqu’à 81 338. Il a été inauguré dans le cadre de la coupe du monde de 1998. Le Président de la République assistait au match avec une partie de son exécutif. Deux bombes ont explosé aux abords du stade.

Le bilan des attentats définitifs est de 130 morts et de 413 blessés hospitalisés. Un an après, des personnes sont encore en rééducation. On ne peut compter le nombre de personnes tentant de soigner leur traumatisme via des psychothérapies.

Des mouvements de panique ont eu lieu sur la place de la République (devenus un mémorial). Le 13 novembre est inscrit dans la mémoire de beaucoup de personnes.

Le 18 novembre, l’attaque de l’immeuble du 48 rue du Corbillon par le RAID et la BRI fait trois morts (des terroristes), et de nombreux blessés.

Le soir du 13 novembre, nous assistons à la mise en place d’une « médecine de guerre ». Les différents protocoles permettent de faire le tri entre les personnes pouvant être sauvé et ceux qui ne le pourront pas, au vu de leurs blessures. Le poste de commandement des sapeurs-pompiers n’était pas formé à un ampleur d’attentats pareils. Malgré le « Plan Blanc », les dégâts par balle ne sont pas une spécialité de la médecine civile, et pourtant, il a fallu faire avec. De nombreux Hôpitaux sont réquisitionnés, ainsi que le personnel médical/paramédical/chirurgical.

Il s’agit d’une fracture importante au sein de la société. Si l’opération chirurgicale peut réparer les dégâts causés par la rupture d’un os, la perforation d’un organe, etc. La marque de l’intervention laisse des marques indélébiles sur le corps, quand elle n’oblige pas des imputations sur les jambes dont les os ont été réduits en charpie.

Les impacts des balles ou des objets issus des bombes ont une emprunte sur le corps. La cicatrice ne s’efface pas, même si la plaie se referme. Une plaie existe sur le plan sur le plan anatomique, mais sur le plan psychologique, il s’agit d’une plaie plus profonde qui ne se voit pas forcément. En effet, le choc de l’attaque peut créer un sentiment de culpabilité chez certaines personnes. Il répond concrètement à la question : pourquoi moi et pas les autres ? Le traumatisme va subsister bien au-delà du temps.

Lorsque les mémoires auront oublié l’attentat, le traumatisme sera toujours inscrit dans le cerveau des victimes. Un traumatisme ne s’efface pas, mais se répare en l’affrontant.

Dorénavant, plus rien ne sera comme avant. Les temps ont changé.

Les conséquences du 13 novembre

La question de la peur peut hanter de nombreuses personnes. La peur va de paire avec le traumatisme. Affronter le terrorisme n’est pas une mince affaire surtout au vu du nombre de morts concernant le 13 novembre, surtout lorsque l’on est touché de près comme de loin. La peur va souvent de paire avec la question de la sécurité et celle des libertés fondamentales.

Dans le contexte, de nombreux vautours ont utilisé ce massacre pour distiller leur propagande et poursuivre le contexte de terreur. La tentation de l’extrême-droite par une partie des électeurs reflète que la démagogie a laissé place à la haine des libertés fondamentales.

L’état d’urgence a été proclamé dans la foulée, sa mise en application faisait écho à des documents du ministère de la Défense en cas d’attentats simultanés. Les deux premières semaines, le cadre légal était régi par un décret du Premier Ministre, et s’est poursuivis à deux repris à travers des textes législatifs. Les parlementaires prétendent reconduire une nouvelle fois l’état d’urgence jusqu’à la fin des élections présidentielles. La question de l’arbitraire a pris le pas dans le raisonnement juridique.

Le régime juridique de l’état d’urgence n’a pas permis d’anticiper l’attentat terroriste du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice, tout comme celui de Magnanville.

Ensuite, il convient de souligner que l’état d’urgence déstabilise profondément le rapport entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. De ce fait, le régime d’urgence n’a pas permis de lutter contre le terrorisme. Sur le nombre total de perquisitions, seulement quatre ou cinq concernaient le terrorisme (différent de l’apologie du terrorisme). Le pouvoir exécutif s’est servi de l’état d’urgence pour d’autres affaires notamment le grand banditisme. Ce détournement de l’état d’urgence ne peut qu’inquiéter puisqu’il a été entièrement contourné de son objectif premier. On ne compte plus les perquisitions aléatoires sur simple dénonciation ou encore sur fond d’appartenance politique. Cela va continuer d’empirer avec les manifestations de Policiers qui réclament un affaissement toujours croissant du pouvoir du judiciaire et une augmentation du pouvoir exécutif.

Au moment, où de nombreuses personnes vont rendre hommage aux victimes des attentats, la fracture d’une société s’est intensifiée avec une réelle volonté de division de certaines personnes issues du monde politique comme médiatique. Nous avons assisté à une débâcle faisant in extenso le jeu du terrorisme dans toutes les couches politiques.


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