Quand Hollande ressort la « Garde Nationale » des vieux tiroirs

creation-de-la-garde-nationaleLa garde nationale en France n’est pas quelque chose de nouveau, elle existe depuis la « Révolution Française » de 1789. Il s’agit à la base de « milices populaires ». Celle-ci avait été dissoute après l’expérience de la Commune de Paris et le massacre de Semaine Sanglante.

En effet, la garde nationale était un des éléments ayant déclenché l’insurrection de la Capital face à la bourgeoisie des Thiers et Cie.

À la suite des attentats qui frappés le 13 novembre 2015,  le Président de la République avait déclaré « que l’on tire mieux parti des possibilités des réserves de la défense, encore insuffisamment exploitées dans notre pays. […] Les réservistes […] constituent les éléments qui peuvent, demain, former une garde nationale encadrée et disponible ». Entre la réserve opérationnelle (54 860 personnes au 31 décembre 2014), la réserve citoyenne (3 814 personnes au 31 décembre 2014) et la garde nationale. Il semblerait qu’à terme la Garde Nationale fusionne la réserve opérationnelle et citoyenne comme le précise le site du ministère de la Défense : « la Garde nationale, ce sont des femmes et des hommes […] qui décident de s’engager dans la réserve opérationnelle ». De ce fait,  la garde nationale est un simple « label », mais ce label reste entièrement politique.

Sa création a été officiellement annoncée le mercredi 12 octobre lors du Conseil des ministres. Elle doit rassembler 72 000 personnes en 2017, puis 85 000 en 2018. L’objectif de la Garde nationale permet de prendre le relai de la Police Nationale et la Gendarmerie Mobile en cas de crise majeur comme des attentats terroristes, des émeutes ou canaliser des mouvements sociaux.

Ils pensent que les terroristes seront impressionnés par des dizaines voir des centaines de milliers de personnes en uniforme. Ils se trompent entièrement. La lutte contre le terrorisme, et en particulier contre le djihadisme nécessite une approche froide et réfléchie, et non comme le proposent les conservateurs en jouant sur les sentiments.

Chez nos voisins de l’autre côté de l’Atlantique, la Garde Nationale a même été envoyée en Irak représentant près de la moitié des unités mobilisées. Cela ne peut qu’interpeller. De plus, si la garde nationale française commence à travailler avec le réserve opérationnelle de niveau 2, alors les personnes pourraient être envoyées à l’étranger dans différentes missions.

Comme l’affirme le gouvernement, il s’agit de « répondre au besoin de protection du pays ». La protection permet aux patriotes de participer à l »’engagement des Français de servir la nation ». Le triptyque « pays, nation, français » dans le langage des conservateurs, des nationalistes et des chauvins reflète la position nationaliste du gouvernement. Pour ainsi dire, « la protection du pays » apparaît particulièrement vaste que cela ne veut rien dire. En plein état d’urgence, la mise en œuvre d’une garde nationale ne peut que renforcer les partisans de la classe dominante. En effet, ces derniers auront un vivier supplémentaire pour protéger l’ordre établi. La lutte des classes ne pourra se soumettre malgré le grand renfort sécuritaire.

L’état sécuritaire et autoritaire peut impressionner les faibles d’esprit, mais ne permet en aucun cas de baisser la criminalité et encore mieux de prévenir le terrorisme. Il s’agit d’une poudre aux yeux mise en œuvre par les populistes. Les réactionnaires mettent en avant le sentiment d’insécurité des personnes pour réduire et combattre les libertés publiques. De ce fait, il n’est pas nouveau que le tout sécuritaire renforce le sentiment d’insécurité. Cette boucle infernale permet la mise en place des régimes autoritaires. Dans le fond, nous évoluons vers une politique toujours plus libérale, ces régimes plus sécuritaires pour défendre les biens en premier lieu et les personnes (qui sont de la classe dominante) en second lieu.

Il faut dire que des dizaines d’années de folies sécuritaires n’ont rien permis de changer. Alors la garde nationale protègera les intérêts de la classe dominante, mais peut-être jusqu’à ce qu’elle se retourne contre ces derniers. Mais, nous sommes au XXIème siècle, un bourgeois défendra toujours un propriétaire qu’un locataire, un travailleur qu’un chômeur, un patron qu’un travailleur, un oppresseur qu’un opprimé.


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