Les manifestations se font dans la violence, et alors ?

La manifestation contre la Loi Travail s’est faite dans la violence, et la bourgeoisie toute tendance confondue hurle déjà en promettant de purger tous les travailleurs qui ont manifestés et ce sont opposés à la Loi Travail.

Les politiciens s’estomaquent des bombes incendiaires lancées contre les CRS, ont-ils compris que ce n’est que le début d’une lutte violente ? Mes derniers articles affirmaient que le stade de manifestations pacifiques appartenaient au passé. Dorénavant, nous sommes face à des libéraux prêts à tout pour sacrifier le prolétariat et forcément une réponse adaptée face à ces attaques. Si les bombes incendiaires semblent faire peur aux conservateurs, ce ne sont que des bombes incendiaires. Il existe d’autres méthodes beaucoup plus radicales en matière de front offensif. Reste à savoir ce que veut le gouvernement et les prochains gouvernements. La colère appelle souvent le feu ! Créer des réformes impopulaires, c’est accepter de recevoir la colère du feu.

Engels affirmait dans Anti-Dühring (chapitre IV, 2e partie.)

que la violence joue encore dans l’histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire ; que, selon les paroles de Marx, elle soit l’accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs; qu’elle soit l’instrument grâce auquel le mouvement social l’emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes – de cela, pas un mot chez M. Dühring. C’est dans les soupirs et les gémissements qu’il admet que la violence soit peut-être nécessaire pour renverser le régime économique d’exploitation, – par malheur ! Car tout emploi de la violence démoralise celui qui l’emploie. Et dire qu’on affirme cela en présence du haut essor moral et intellectuel qui a été la conséquence de toute révolution victorieuse ! Dire qu’on affirme cela en Allemagne où un heurt violent, qui peut même être imposé au peuple, aurait tout au moins l’avantage d’extirper la servilité qui, à la suite de l’humiliation de la Guerre de Trente ans, a pénétré la conscience nationale ! Dire que cette mentalité de prédicateur sans élan, sans saveur et sans force a la prétention de s’imposer au parti le plus révolutionnaire que connaisse l’histoire ! »

Mais aussi Rosa Luxembourg, dans Que Veut la Ligue Spartakiste ? (3)

Toutes ces résistances, il faudra les briser pas à pas d’une main de fer en faisant preuve d’une énergie sans défaillance. A la violence de la contre-révolution bourgeoise, il faut opposer le pouvoir révolutionnaire du prolétariat, aux attentats, aux intrigues ourdies par la bourgeoisie, la lucidité inébranlable, la vigilance et l’activité jamais en défaut de la masse prolétarienne. Aux menaces de la contre-révolution, l’armement du peuple et le désarmement des classes dominantes. Aux manœuvres d’obstruction parlementaire de la bourgeoisie, l’organisation inventive et active de la masse des ouvriers et des soldats. A l’omniprésence et aux mille moyens dont dispose la société bourgeoise, il faudra opposer le pouvoir de la classe ouvrière décuplé par l’union et la concentration. Seul le front uni de l’ensemble du prolétariat allemand, rassemblant le prolétariat du Sud de l’Allemagne et celui du Nord de l’Allemagne, le prolétariat urbain et le prolétariat agricole, seul le front des ouvriers et des soldats, les contacts idéologiques vivants entre la révolution allemande et l’Internationale, l’élargissement de la révolution allemande aux dimensions de la révolution mondiale du prolétariat, permettront de créer le soubassement de granit sur lequel on construira 1’édifice de l’avenir.

Le mouvement contre-révolutionnaire est à nos portes. Ainsi, la violence ne peut qu’être un pas de plus vers la lutte finale.

Les prisonniers de la lutte

Il n’y a pas de lutte opposant les travailleurs et la classe dominante, sans qu’il puisse y avoir des victimes et en particulier des personnes condamnées à des peines de prison. Pour le prolétaire convaincu de ses idées, les condamnations font partie de son quotidien.

Devant la violence étatique, les méthodes de répression contre les mouvements populaires s’inscrivent dans la logique du contrôle de l’intérêt du capital, et donc de la classe dominante. La question de vouloir détruire le capital, et donc les capitaux permettent aux capitalistes de vouloir instaurer un ordre public où les valeurs morales ne sont autre que celle du capital.

Ainsi, les luttes mettent en évidence le caractère trompeur des luttes légalistes. En effet, le légalisme permet à la classe dominante de soumettre les travailleurs à ses propres règles et de réprimer ceux qui seraient opposés à ces règles. Ce qui caractérise le réformisme social-démocrate reste la voie du légalisme et la condamnation continuelle de tout mouvement violent. Les sociaux-démocrates acceptent la violence étatique, mais refusent de soutenir la violence des travailleurs pour se défendre.

L’état de droit défend la violence étatique. La justice a affirmé que lorsqu’un travailleur se faisait matraquer par sept policiers, il est coupable de rébellion. De ce fait, le militant Jeune communiste (des sociaux-démocrates) a été condamné huit mois de prison avec sursis. La Justice a démontré qu’il avait réussi à blesser les forces de l’ordre, pendant qu’ils le ruaient de coup de matraque. Une justice bourgeoise ne peut que défendre l’intérêt de la bourgeoisie, et par conséquent défendre des forces de l’ordre même quand ils ratonnent les travailleurs. Une justice bourgeoise ne peut que créer des décisions en faveur du patronat, dont l’objectif est de casser les luttes. Une justice de classe ne peut que créer décisions de classe. On remarquera que la justice sert à mater les travailleurs et à relaxer souvent les bourgeois.

Dans nos manifestations, la classe dominante (avec de nombreux syndicats et partis politiques) hurle sur le fait qu’il existe des « casseurs » dans les manifestations. Les affrontements sont très mal vécus par une partie des réformistes y voyant les affrontements comme des méthodes réactionnaires, voir contre-révolutionnaires oubliant volontairement les luttes passées. Parmi les casseurs, il y a très fréquemment le travailleur de tous les jours. Sauf que dans les manifestations, les arrestations ne servent en aucun cas à réprimer la violence des travailleurs. Si de nombreux travailleurs sont arrêtés, il s’agit avant tout d’un objectif principal du ministère de l’Intérieur de faire du chiffre pour que cela corresponde à la règle : le nombre d’arrestations est proportionnel à la violence. Ainsi, les arrestations faites par les personnes de la BAC ou des CRS, ou les deux sont faites à l’aveugle, les délits y sont d’ailleurs inventés (sic).

La solidarité de la lutte va avec les travailleurs qui sont arrêtés, mais cette solidarité ne peut-être aveugle. Soutenir une personne, c’est accepter l’ensemble des leurs actions et  leurs idées. Si parmi nos rangs, des gens confusionnistes, réactionnaires, obscurantistes voir antisémites alors ces derniers doivent se débrouiller avec ceux qui les matraquent et ceux qui les jugent, ou avec les soutiens réactionnaires.


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