Quand les extrémistes de droite insultent les otages détenus dans le Monde

Des-employes-en-greve-bloquent-l-acces-a-la-raffinerie-de-Donges-dans-l-ouest-de-la-France-le-23-mai-2016_afp-articleQuand les libéraux s’emportent sur la question des blocages, la dialectique et la didactique fusionnent. En effet, ces derniers sont attachés à l’expression de « prise d’otages ».

Myriam El-Khomri

Il est légitime que le gouvernement débloque cette situation et nous continuerons à le faire. Il n’est pas question que l’économie de notre pays soit prise en otage à trois de l’Euro.

Jean-François Copé, maire de Meaux, député à l’Assemblée Nationale :

Stop aux blocages ! Il faut libérer les raffineries, débloquer les dépôts de carburants, et remettre de l’ordre dans la rue ! Les Français n’ont pas à être pris en otages par des militants d’extrême gauche et des syndicats minoritaires en voie de radicalisation.

Entrons dans le détail, si une raffinerie, un dépôt de carburants est considéré comme un otage, alors philosophiquement, un être humain est mis sur le même plan qu’un objet ou un groupe d’objets. Ainsi, un bien meuble (Article 528 du Code Civil) et immeuble (Article 517 à 526 du Code Civil) ont la qualité d’un être humain (Article 16-1 et 16-1-1 du Code Civil), de ce fait, chaque bien possède « une vie », mais aussi « une mort », le traitement de la dignité d’un bien s’exerce dans « son utilisation » et après « son utilisation ». Sur la question des raffineries, la droite considérant la raffinerie comme un être humain a-t-elle au moins posé la question à la personne ? Non, car il s’agit d’une position réaction sans argumentation, une démonstration par l’absurde suffit pour le casser.

Ensuite, l’affirmation que « les Français sont pris en otage », vient à considérer qu’il y a enlèvement ou séquestration de l’ensemble d’un peuple. L’article 224-1 du Code Pénal définit la prise d’otages comme l’action « hors les cas prévus par la loi, d’arrêter, d’enlever, de détenir ou de séquestrer une personne ». Or, il n’y a ni arrestation, d’enlèvement, de détention ou de séquestration de personnes. Les Français possèdent la liberté d’aller et venir et sont donc libre de se déplacer librement. Si le liquide précieux manque, ils pourront toujours prendre leurs jambes pour marcher dans la rue. Donc, il n’y a pas de prise d’otages.

La didactique de la « radicalité » fait inexorablement référence au terrorisme. Alors que la droite s’enfonce toujours un peu plus dans l’apologie de la négation de la liberté individuelle, elle suit la voie de quelques économistes marginaux.

La presse, les éditorialistes, la classe dominante se permettent donc de conclure que le mouvement ouvrier est un mouvement terroriste. Ainsi, des personnes comme Myriam El Khomri comparent Amedy Coulibaly (prise d’otages de l’HyperCasher de Vincennes), le groupe d’assaut du Bataclan, les ravisseurs qui retiennent les journalistes dans le monde à ceux qui défendent l’emploi, le travail  et les libertés individuelles.

Des excuses publiques s’imposent venant de ces personnes minoritaires de droite et d’extrême droite en voie de radicalisation. Il faut dire que la classe dominante n’en termine plus de fusionner avec l’extrême droite depuis qu’elle a marché contre le mariage pour tous.

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