Le coup d’état permanent a renversé Tsipras

Après le scandale de l’Eurogroupe, nous constatons au coup d’état permanent. Ce concept est la pierre angulaire du système de défense du néolibéralisme permettant par tous les moyens la déstabilisation d’un état. Dans le cas précis, la Grèce est asphyxiée par la BCE. En coupant les liquidités vers les banques, le refus de négocier de l’Eurogroupe, le sectarisme et le nationalisme du gouvernement allemand, la position du FMI.

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Ce n’est pour rien que beaucoup ont considéré à travers le Htag de Twitter #ThisIsACoup, qu’il se passait devant nos yeux un coup d’état, notamment orchestré et organisé par le gouvernement allemand. Il s’agit aussi du Htag le plus populaire de ces derniers jours qui a traversé l’ensemble des pays.

Dans le cadre des négociations pour arriver à une situation stable, le mémorandum “Hollande” ou mémorandum 3 permet d’accroitre encore une fois de plus la politique d’austérité en Grèce. Les contreparties sont bien faibles, puisque les mesures vont affaiblir une fois de plus l’économie grecque et certainement diminuer le PIB. Les deux derniers mémorandums des gouvernements Papandréou et de Samaras ont ravagé l’économie (baisse de 25 % du PIB) et augmenté la dette de près de 60 % du PIB tout en transférant les dettes privées dans la dette publique grecque.

Beaucoup de personnes félicitent François Hollande de ce résultat puisqu’il aurait permis d’éviter le Grexit tant voulu par Merkel et Shaüble pour faire pression sur la France en matière de réduction des dépenses publiques. Ainsi, le projet actuel porté par François Hollande est un projet surfant sur les thèses de Friedrich Hayek. Il s’agit ni plus ni d’un mémorandum ultra-libéral encore pire que les autres mémorandums. Il s’agit uniquement de placer l’économie au-dessus du gouvernement et donc d’affirmer la supra-nationalité du mémorandum sur un pays et donc de ce fait affirmer que l’Eurogroupe peut déterminer n’importe quelle politique d’un pays. Or, le fait de tenter de gérer la politique d’un pays à la place d’un autre n’est ni plus ni moins qu’un coup d’état déguisé relevant de la stratégie du coup d’état permanent.

Aussi, en matière de droit civil, tout contrat ou accord passé sous la contrainte est réputé nul. En posant une extension, le mémorandum pourrait être réputé nul.

De plus, le plan de privatisation se fera grâce à l’aide d’une entité indépendante. L’Allemagne de Merkel se souvient des Konzerns qui ont ravagé la RDA en privatisant les entreprises rentables et fermant les entreprises non-rentables (aux yeux des néolibéraux) créant de fait un chômage de masse. Ce dépouillement de la RDA au profit du capital de l’Allemagne de l’Ouest a mis aussi en avant différente  problème de corruption concernant aussi un certain Wolfgang Shaüble en 1997.

vouliOr, la pression exercée sur le Premier Ministre grec a permis d’arracher un accord, les pays membres de la zone euro devrait savoir jusqu’à preuve du contraire que le régime en Grèce est parlementaire et que c’est le parlement qui contrôle le gouvernement. Le gouvernement doit avoir une majorité pour gouverner.  Ainsi, comme le souligne Yannis Youlountas sur son blog : “32 députés Syriza refusent totalement ce mémorandum. Beaucoup y songent également”. La majorité actuelle se composait de 162. Aujourd’hui, 32 députés au minimum refuseraient de signer le texte, ainsi 117 députés au maximum soutiendraient ce mémorandum. Par conséquent, il y a un espoir très fort de la société civile grecque qui manifeste abondamment que le mémorandum soit refusé par les députés. Toutefois, les partis Potami et Nouvelle Droite sont en embuscade puisque ces derniers sont des europhiles convaincus. Les deux partis sont prêts à tout pour satisfaire les créanciers, le patronat et la Troïka. Le mémorandum est issu d’une crise européenne qui en ricoché créée une nouvelle crise politique en Grèce. Ainsi, Alexis Tsipras possède deux solutions en cas de vote négatif de la Voulí : 1/ se conformer à la position majoritaire du parlement, 2/ démissionner. Le second cas créerait nécessairement une nouvelle élection législative avec une pression toujours plus accrue de la Troïka.

2048x1536-fit_pieces-billets-drachmes-drachme-monnaie-cours-grece-avant-passage-euroDe plus, il est nécessaire d’affirmer que l’Eurogroupe fatigue les Grecs. L’augmentation du pourcentage des Grecs voulant sortir de l’Euro augmentent de jour en jour. L’abandon du projet actuel pour réaliser une politique de Gauche radicale parait de plus en plus probable, mais aussi la pression continuelle de l’Eurogroupe pour le Grexit devra trouver une solution durable si cette dernière est mise en place. C’est une solution par défaut. En effet, le lancement d’une monnaie nationale remplaçant la monnaie unique ne se fera une journée, c’est un investissement puisqu’il est nécessaire de mettre en place différentes mesures comme la création d’usine pour créer la nouvelle monnaie et le transfert de cette monnaie vers l’ensemble du pays. La transition monétaire durera au minimum une année et devrait s’étaler sur deux à cinq ans. Ensuite, la Banque Centrale de Grèce devra être placée sous le contrôle du parlement Grec et les banques réquisitionnées. Il s’agit du minimum vital.

Il est vrai que les différents partis d’extrême droite se frotte les mains de cette idée, mais ces derniers ont des programmes basés sur l’alignement sur la Troïka : règle d’or, remboursement de la dette, austérité, diminution des dépenses publiques, baisse des cotisations sociales, privatisation de la sécurité sociale, flexibilité du marché du travail, etc. Autant dire que l’ultralibéralisme à vocation nationale, même avec une monnaie nationale ne peut-être considéré comme une alternative puisque c’est la continuité des plans de rigueur en cour. Prenons l’exemple du FN, Jean-Marie Le Pen voyait en sa fille, la nouvelle Margaret Thatcher ou Angela Merkel de l’Europe.

La dévaluation de la nouvelle monnaie pourrait permettre entre autres d’augmenter les exportations de la Grèce, mais aussi cela augmenterait le coût des importations. Il y a une vie après l’Euro et l’Union Européenne (organisation technocratique bourgeoise).

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