Le journal « la décroissance » s’en mêle les pinceaux !

315x410Je n’ai pas l’habitude de faire un article sur ce journal, et pourtant ce dernier m’a légèrement contrarié. Je pense que cet article suit un raisonnement particulièrement dangereux surtout en période de crise où l’extrême droite reprend ce raisonnement pour y intégrer la xénophobie et l’identité.

La question de la décroissance prend de l’ampleur dans certains cercles « alternatifs ». Pourtant, si les questions autour de la croissance sont nécessaires par toute période économique, il est nécessaire de définir ce qu’est la croissance. D’ailleurs, nous parlons plus exactement de Taux de Croissance du PIB.

56e7527647c1725c11d547694256e2e4Qu’est-ce que le PIB ? Le Produit intérieur brut est défini comme étant la somme des valeurs ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays par l’ensemble des branches d’activité (auxquelles on ajoute la TVA et les droits de douane), pour une année indépendamment de la nationalité des entreprises (différent du PNB). On pourrait donc résumer que c’est l’ensemble de la richesse créée dans un état durant une année.

Souvent, on parle de décroissance lorsque le taux de croissance du PIB est négatif, c’est-à-dire que la richesse est inférieure d’une année sur une autre. Toutefois, la qualification du terme décroissance porte une importance incroyable.

Or, l’article « face au mur, accélérons » condamne ni plus ni moins le développement, l’intelligence et la recherche technologique. Pierre Thiesset (un militant) cite pour son argumentation : Marx, Lénine, Trotsky, Staline, etc. On l’aura bien compris, l’auteur n’est ni communiste et encore moins socialiste (au sens stricte du terme). En effet, leur vision consiste à ne parler que « l’écosocialisme » qui reste la doctrine d’un petit parti : le Parti de Gauche. Ainsi résumer la gauche et l’extrême gauche à un parti de 10 000 membres, c’est osé, mais ça n’enlève rien au problème.

De plus, la remise en cause de la technologie est une chose de particulièrement ancienne. L’innovation a toujours freiné les plus conservateurs, les plus réactionnaires. L’invention par exemple de l’électricité, des chemins de fer, etc. a croisé des opposants incroyables et redoutables. Ces derniers rejettent donc la technologie dans une partie « soumis à la technique ». Pour rendre très péjoratifs, il utilise le néologisme : « accélérationnistes ». En effet, le progrès est considéré comme quelque chose de négatif. Mais il va encore plus loin puisqu’il affirme que les projets communistes en soi sont les mêmes que « les mêmes que le Medef, que les libéraux, que les partisans du capitalisme vert ». En effet, il rêve d’une société sans technologie typique du néolithique ou l’antiquité, mais encore à cette époque, il y avait une production, avec des axes de communication et une consommation bien réelle. Pas facile donc cette décroissance à mettre en œuvre.

Revenons un peu à l’économie, celle-ci est compatible avec la décroissance sur de nombreux points. Ainsi, il est possible d’augmenter le PIB  tout en diminuant la production de ressources naturelles créant de fait une décroissance.

La croissance du PIB suivant les méthodes du capitalisme conduit inexorablement à la confrontation de la limite des ressources naturelles. Dans un monde fini, les ressources  sont finies, il s’agit d’une logique mathématique élémentaire. Marx affirmait que  « le capitalisme épuise la terre et le travailleur« . Ainsi, rompre avec l’obsolescence programmée permet de rompre durablement la logique mercantile du capitalisme. En effet, chaque produit doit répondre à un besoin réel du travailleur et non créé par le capitalisme. De plus, il est nécessaire de se défaire de l’idée que le client est roi, puisqu’en réalité le client est esclave de ces entreprises. De plus, la recherche à la décroissance de la richesse nationale ne permettra en aucun cas d’économiser sur les richesses naturelles. De plus, au vu de l’économie de marché cela pourrait tendre vers plus de gaspillage.

La décroissance doit se réaliser en partenariat avec la croissance. L’un concerne la quantité d’utilisation des ressources naturelles et l’autre la durée de vie des objets de la vie courante. Or, plus on diminuera l’extraction des ressources et plus on augmentera la durée de vie des produits, alors créera une forme de décroissance essentielle. Les produits auront un prix plus élevé, mais cela permettra d’économiser au maximum les ressources naturelles et donc créer une situation de décroissance.

Toutefois, l’Homme laissera un impact, comme chaque espèce, la question réside à compenser son impact. Chaque espèce a un impact sur la nature.

De plus, la question du pétrole prend de l’importance puisque nos sociétés y seront confrontées tôt ou tard. La société humaine devra s’adapter et de s’émanciper du pétrole. Cette émancipation doit se faire dans le cadre d’un processus écologique radical.

Ensuite, il est important d’affirmer que la croissance verte porte en elle une chimère productiviste. En effet, il ne s’agit en aucun de rompre avec le vieux modèle qui exploite les peuples et la terre, mais de le continuer avec du Greenwashing.

La place de la technologie pour l’émancipation de l’homme est plus que nécessaire au XXIème siècle, puisqu’elle permettra de mettre en place une réelle mesure de protection de la nature.

Laisser un commentaire