La proposition de loi sur le renseignement va réduire les libertés individuelles

4615155_3_2dca_une-centaine-de-personnes-ont-manifeste-lundi_b786f51d0a8d9ddc49f9b195f09e6505Le Projet de loi relatif au renseignement (n°2669) est enfin passé au Sénat. Le jeu des navettes parlementaires continue son va-et-vient interminable.

Si le projet de loi légalise certains aspects déjà en vigueur se faisant sous le manteau, il  porte une atteinte considérable à l’encontre des libertés individuelles. L’après-Charlie Hebdo suit la logique de l’action-réaction, nous sommes quelques jours après le piratage de la chaîne de télévision TV5 Monde. Si la loi est largement débattue depuis plus d’un mois, elle se sert de cette tragédie pour commencer une opération de surveillance massive de la population. Surfant sur la vague de peur : l’un des fonds de commerce à droite, le thème de la sécurité devient dès lors omniprésent. Le terrorisme permet la restriction des libertés individuelles, il y a plus d’un siècle, les réactionnaires mettaient en place les lois scélérates.

Les libertés individuelles sont garanties à ce jour par la Conseil Constitutionnel, le Conseil d’État et la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Aussi, de manière purement administrative, nous avons la CNIL.

À ce sujet, le député-maire de Nice n’y va pas de main morte comme beaucoup de ses collègues de droite :

 On se souvient aussi il y a quelques années de la loi « sécurité et liberté« , on pourrait donc dire aujourd’hui que la loi qui se débat en ce moment pourrait se traduire ainsi : « sécurité contre liberté ».

Toutefois, il est nécessaire de commencer par une affirmation : les écoutes téléphoniques tout comme la surveillance accrue sur internet ne feront pas plier la menace du terrorisme.  Ces mesures accentueront la crainte des citoyens. La division par le terrorisme est une arme très élevée puisque cette dernière peut permettre de mettre en évidence une politique patronale féroce au nom de l’unité nationale. L’unité sacrée est un leurre absolu.

La surveillance généralisée ne permettra en aucun cas de résoudre les différents types de terrorisme. Le terrorisme fiscal à travers la fraude (largement soutenue par la droite et l’extrême droite) est responsable du déficit public (60 à 80 Mds de dégâts par an) causant les politiques de terreur que l’on connaît aujourd’hui.

Aussi, nous sommes arrivés dans un stade où la surveillance qu’elle soit par internet ou par téléphone (fixe ou portable) est devenue tout à fait obsolète. Aujourd’hui, comme hier, à moins de tomber sur des novices ou des amateurs (chose qui existent souvent), les moyens de communication ne sont « jamais » utilisés. Le téléphone, l’internet ou son ancêtre le minitel peuvent avoir leur connexion dérivée, ce qui de fait laisse une trace très facile pour l’autorité de remonter à la source. Les rencontres et les discussions physiques dans des endroits ne captant pas font partie des méthodes de la vieille école, elles sont toujours utilisées.

Parlons aussi d’internet, puisque sur ce dernier, nous trouvons absolument tout. Big Brother a donc du travail, puisqu’avant de commencer internet, il devra vérifier les sites qui donnent de la matière.

De plus, les moyens de récolter des informations via les renseignements de l’état (DCRI, DGSE) se retrouvent très vite face à la réalité. En effet que cela soit Tor, Proxy, VPN, etc., l’anonymat est une valeur importante utilisée par de nombreux citoyens. De plus, comme le gouvernement a toujours une certaine longueur d’onde de retard, des OS existent spécialement dédiés au testing informatique à première vue et dans son moyen dérivé : le piratage informatique. Bien évidemment, si le langage informatique n’est pas accessible à première vue, en se plongeant dedans, les progrès sont rapides et l’élève dépasse le maître.

S’il existe à ce jour des écoutes administratives et judiciaires, il est possible à tous ces citoyens de mettre en place ses propres écoutes, puisque ces derniers se font par informatique.

Enfin, si la peur permet de faire marcher les citoyens terrorisés par la situation actuelle. C’est pourquoi nous assistons à la mise en place de plus en plus de caméras. On sait très bien que ces outils sont tout à fait inefficaces comme l’a démontré l’attaque du journal « Libération » par Abdelhakim Dekhar l’an dernier. L’idée consiste à faire passer des objets en les transformer dans les consciences. La passivité de la caméra devient dès lors quelque chose d’actif. Mais soyons certain la caméra surveille, mais n’agit pas directement sur les scènes, elle ne prévient d’ailleurs que très peu la délinquance, elles sont un gouffre financier.

Il s’agit surtout d’un outil dogmatique pour ceux qui soutiennent l’autorité de l’état par tous les moyens.

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