La Marche républicaine du 11 Janvier 2015

Cet article est un long résumé de ce qu’il s’est passé après la tragédie à Charlie Hebdo, à Montrouge et dans l’HyperCasher à Vincennes. J’y ai inséré un sommaire pour faciliter la lecture de l’article.

Les diplomates et représentants des autres pays marchent de manière isolée.

La manifestation était faite de plusieurs colonnes (comme à l’armée) dont un cortège diplomatique pour accueillir les premiers ministres, les présidents et les ambassadeurs dans le cadre d’une grande marche pour la liberté d’expression. Pourtant, pour s’en convaincre, si l’union de toutes ces personnalités internationales renvoie une image claire et notable pour le président de la République, certains hommes politiques n’avaient en aucun cas leur place au sein de la manifestation.

La France des lumières s’est battue pour que puisse vivre la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse afin d’encadrer ses droits. La France, ce n’est pas les États-Unis d’Amérique : la diffamation, l’injure, l’apologie du terrorisme sont des délits pénaux, mais aussi chacun est libre d’écrire ce qu’il veut dans les limites fixées par la loi.

Une manifestation diplomatique parmi une manifestation populaire

Si c’était une manifestation pour la république, pour la liberté et forcément contre le terrorisme, certains membres de la scène internationale n’avaient pas vraiment leur place à Paris. Les invitations devaient se faire à travers un certains nombre de critères clairs et non accepter tout le monde au nom de la solidarité.

Sur les réseaux sociaux, il a été publié à cela à juste titre, une liste des personnalités présentes et de leurs atteintes à la liberté de la presse sur leur page afin de dénoncer cette vaste hypocrisie diplomatique :

  • Le premier ministre espagnol Rajoy, dont le gouvernement vient juste de faire passer la Ley Mordaza, une loi du bâillon imposant des restrictions historiques dans le droit de manifester.
  • Le ministre des affaires étrangères Lavrov de Russie, pays qui a l’année dernière condamné un journaliste pour « insulte à un membre du gouvernement » et fait assassiner des journalistes comme Anna Politkovskaïa par les services secrets.
  • L’ancien président français Sarkozy, qui a fait dérober les ordinateurs du journal Le Monde et de Mediapart et fait saisir les enregistrements des journalistes (les fadettes) qui enquêtaient sur ses affaires avec la justice
  • Le ministre des affaires étrangères égyptien, qui a fait détenir le journaliste Shawkan pendant 500 jours
  • Le roi Abdallah de Jordanie, qui a l’année dernière fait condamner un journaliste palestinien à 15 ans de prison avec travaux forcés
  • Le premier ministre turc Dayutoglu, pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a orchestré l’assassinat de 17 journalistes à Gaza l’année dernière
  • Le ministre des affaires étrangères algérien Lamamra, régime qui a détenu le journaliste Abdessami Abdelhai pendant 15 mois sans aucun motif
  • Le ministre des affaires étrangères des Émirats Arabes Unis, qui en 2013, a réduit au silence un journaliste pendant un mois de peur de révélations
  • Le premier ministre tunisien Jomaa, qui a récemment fait enfermer le blogueur Yassine Ayan pour 3 ans pour « diffamation envers l’armée »
  • Les premiers ministres de Georgie et de Bulgarie, pays qui détiennent le record d’attaques et de passages à tabac de journalistes, en plus des assassinats
  • Le procureur général des États-Unis d’Amérique, dont la police à Ferguson a récemment agressé et détenu des reporters du Washington Post et qui maintient le journaliste engagé Mumia Abu-Jamal derrière les barreaux depuis 1982
  • Le premier ministre Samaras de Grèce, où la police anti-émeute a battu et blessé 2 journalistes dans une manifestation en juin dernier
  • Le secrétaire général de l’OTAN, qui n’a toujours pas été jugé pour avoir délibérément bombardé et tué 16 journalistes serbes en 1999
  • Le président Keita du Mali, où les journalistes sont radiés dès lors qu’ils traitent de non-respect des droits de l’Homme
  • Le ministre des affaires étrangères du Bahreïn, deuxième pays à enfermer le plus de journalistes par habitant, en plus de la torture
  • Le Sheikh Mohamed Ben Hamad Ben Khalifa Al Thani du Qatar, qui a fait enfermer un poète pendant 15 ans pour avoir écrit le « poème du Jasmin »
  • Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a fait enfermer plusieurs journalistes pour l’avoir « insulté » en 2013
  • Le premier ministre slovène Cerar, qui a fait condamner un blogueur à 6 mois de prison pour « diffamation » en 2013
  • Enda Kenny, premier ministre d’Irlande où le « blasphème » est considéré comme une « infraction criminelle »
  • Le ministre polonais Kopacz, qui a lancé un raid contre un magazine pour saisir des enregistrements embarrassants pour le parti au pouvoir
  • Le premier ministre anglais David Cameron, dont les autorités ont détruit des documents obtenus par le journal The Guardian et menacé de poursuites
  • Le premier ministre hongrois Orbán, l’autocrate dont Amnesty International dit qu’il a « mis fin à la presse libre en Hongrie.

Il est clair que le peuple ne peut se mélanger avec cette haute classe comme en montre aussi la photo ci-dessous. Cette photo a été diffusée dans le monde entier.

10930996_10205720783283156_763206820752664817_nAussi, je crois que la position des personnes présentes appartenant à la Troïka dans la rue soulève un terrible malaise, pour ceux qui aspirent à renverser autre chose que la dictature libérale à laquelle nous sommes confrontés tous les jours avec plus ou moins de violence.

Cette classe politique a essayé de faire des plans rapprochés, mais il s’agissait d’une manifestation bien à part. Une manifestation diplomatique bien loin du peuple. Il faut y insister malgré la tentative de récupération du président de la République et de ses confrères.

On pourra aussi dénoncer fermement l’attitude que Nicolas Sarkozy a eue (ancien président de la République) durant cette marche diplomatique. En effet, en s’étant mis au niveau des personnes représentant l’état, il s’est considéré de facto comme un représentant d’état et plus particulièrement comme un président de la République. Sa vision de sa présence n’était pas la marche unitaire, mais on petit ego, c’est ce qui lui vaut actuellement un Bashing sur la toile.

La réaction des syndicats de la presse

Les syndicats de journalistes (SNJ / SNJ-CGT / CFDT-Journalistes) ont condamné la présence de certaines personnalités publiques du fait de leur engagement contre la liberté de la presse :

Comment ne pas être interloqués par la présence, dans la marche parisienne, dans le carré des VIP, du président gabonais Ali Bongo ; d’Ahmet Davotoglu, premier ministre de Turquie, l’une des plus grandes prisons de journalistes ; de Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël alors que 16 journalistes palestiniens ont été tués en 2014 par les forces de sécurité israëliennes ; de Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie d’une Russie qui musèle sa télévision et réprime de nombreux confrères ; de son homologue des Émirats Arabes Unis, où l’on peut être emprisonné pour un tweet, cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane… Mais encore par celle de Viktor Orban, le premier ministre hongrois, qui a fait main basse sur les médias de son pays. Sans oublier la présence contestable d’autres dirigeants du monde qui n’ont pas la même vision de la liberté que ceux que nous pleurons depuis mercredi. Par exemple en Grèce où Antonis Samaras, le premier ministre, a ordonné la fermeture de la chaîne publique ERT, rouverte depuis sur décision du Conseil d’Etat.

Les Charb, Wolinski, Cabu, Honoré, Tignous, Ourrad, Elsa ou Maris n’auraient pas admis qu’on leur impose que ces ennemis de la liberté foulent le pavé parisien et tentent de récupérer l’élan populaire contre la haine et pour la liberté d’informer.

Union Nationale ou Union Sacrée : le saccage de l’histoire.

On peut dire que les discours appelants à l’Union Nationale nous ont fait oublier notre histoire. Si on essaye de remonter au cour de l’Histoire de France, on peut que constater deux époques qui lient cette idée d’unité réunie autour de la nation. Après l’assassinat de Jaurès, la SFIO rejoint « l’union sacrée » pour faire la guerre contre nos voisins allemands. Après l’assassinat de Jaurès, la SFIO rejoint « l’union sacrée » pour faire la guerre contre nos voisins allemands. C’est de cette union que se fera entre autres la fortune de la famille Dassault.

Après la prise du pouvoir sous forme d’un coup d’état par le Maréchal Pétain, très vite le concept de la Révolution Nationale en supprimant tous les partis politiques afin d’en laissant un seul, une seule idée, une seule vision. Mais aussi, je crains qu’en France, de plus en plus de monde tend à confondre le peuple et la nation. On peut rassembler un peuple, on ne pourra jamais rassembler une nation, puisque c’est le peuple dans la nation qui se rassemble. Finalement, l’union nationale permet de créer une forme de nationalisme et de patriotisme au sein de la société avec un objectif identique supprimant toute forme de contestation, mais surtout d’écraser par la force les positions discordantes. Elle est utilisée dans le cadre de l’action-réaction.

Naomi Klein dans La Stratégie du choc affirmait qu’un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.

D’ailleurs force est de constater que Naomi Klein avait raison puisque le 13 janvier dernier sur 502 votants dont 489 ont voté pour, 1 contre, les communistes se sont abstenus sur l’autorisation de la prolongation de l’intervention des forces françaises en Irak.

DSC00430Alors forcément, tous les citoyens qui étaient présents dans la manifestation n’étaient pas d’accord avec ce concept assez hypocrite d’union nationale. Nous n’allons point en guerre, nous ne sommes pas en guerre d’ailleurs. Les politiciens essayent d’agiter un drapeau particulièrement dangereux.

Or, le peuple a plus de choses à partager ensemble puisqu’il fait partie de la partie matérialiste. Mais aussi, cela renvoie nécessairement à l’idée de la liberté, de l’égalité et de la fraternité qui peut souffler dans les aspirations de celui-ci. Enfin, seul un bloc du peuple pourra modifier de fond l’idéal et mettre en avant la population.

L’Unité Populaire (Unidad Popular) aurait pu permettre de créer une profondeur réelle dans la revendication du président de la République. Puis cela aurait pu être une sérieuse référence à Salvador Allende. Mais pour ce Président qui se réclame du courant progressiste, ne pas vouloir faire des références progressistes, c’est trahir ses idéaux. Quand le peuple est uni, il est fort et c’est certains qu’il ne sera jamais vaincu.

Quelques camarades hurlent déjà à la récupération de mon image. Je peux le comprendre la question de la dialectique est quelque chose de complexe autour de cette question, mais je pourrais terminer pour déformer l’image : « oui à l’unité populaire, non à l’unité nationale ».

La minute de silence des députés est devenue historique

Toutefois, si je ne suis pas du tout amoureux de la Marseillaise en tant que chanson de la révolution française, d’ailleurs j’en connais pas vraiment les paroles comme beaucoup de monde. Toutefois, il faut admettre que ce n’est pas tous les jours que nous voyons cela au sein de notre hémicycle.

Minute de silence et Marseillaise chantée dans… par LCP

Le trajet de la manifestation

Le trajet de la manifestation s’effectuait de République à Nation en passant par la place de la Bastille. Elle passait aussi par le père Lachaise, par le Boulevard Voltaire.

À cause de l’affluence exceptionnelle du nombre de personnes lors de la manifestation, je n’ai pu qu’assister à une partie de la manifestation et donc je n’ai pas pu me rendre jusqu’à la place de la Nation.

Hier, la manifestation s’est déroulée théoriquement sur deux colonnes, vous pouvez les apercevoir ici, mais en réalité, il y en avait bien trois voir quatre :

B7A6LbDIMAEPn1aMais en réalité, entre le Parcours République-Bastille, par le boulevard Beaumarchais, comme par le boulevard Richard Lenoir et le boulevard Voltaire, c’était une foule compacte entre les deux manifestations. Sans pour autant pour la connexion directe envers la préfecture de police.

Les autorités annoncent près de 1.5 Millions de personnes à la manifestation. Autant, les chiffres de la préfecture et ceux des organisateurs sont particulièrement proches, autant pour une fois tout le monde est quasiment d’accord. Il s’agit à Paris de la plus grande manifestation depuis la libération. Mais, il ne faut point oublier les manifestations sur les retraites ou le CPE.

Regardons aussi de plus près la position de LMPT et de la marche pour la République, on y voit des grandeurs particulièrement différentes.

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Vers une augmentation des Dispositifs de Sécurité

Le plan vigipirate augmente

Dès l’attaque du siège de Charlie Hebdo, le gouvernement a décidé de mettre en place le nouvel échelon du plan vigipirate (fraîchement créé).

Dans n’importe quel pays est sous la menace d’un attentat terroriste d’horizon divers. Les différentes étapes du plan vigipirate constitue la gradation de la présence militaire et policière dans les villes, mais ce n’est que de la prévention.

logo-vigipirate-alrattLe plan vigipirate a accentué notamment la sécurité autour des écoles et notamment des synagogues, des écoles juifs, etc. Le préfet, Patrice Latron, est le référent pour la sécurité des 717 écoles et lieux de culte en question.

Mais, il est à noter que si les principaux lieux de culte sont effectivement protégés par les forces de l’ordre tous ne le sont pas. Au vu de la montée de la violence contre les personnes de religion musulmane, un renforcement de la sécurité aurait été bien venu. En effet, près de 116 actes ont été commis, mais aussi un collectif venu d’Allemagne essaye de s’ancrer en France : Pediga.

La situation est au bord de déraper, chacun en a conscience.

Et les libertés individuelles ?

Habituellement, la Police qu’elle que soit son corps de métier est très souvent huée par la population, et cela, qu’elle que soit la position idéologique. Pourtant, face au drame humain et l’hyper-médiatisation (notamment par BFM-TV), la réaction assez contradictoire, les colonnes de CRS ou de GM traversant la manifestation sont acclamées par la foule. Les scènes que les médias essayent de faire confondre avec la libération de Paris, pourtant si en terme de chiffre de manifestant cela est juste, la France n’est pas occupée.

C’est aussi un moyen pour renforcer l’autoritarisme, l’ordre et la sécurité.  Il est vrai qu’on aura vécu une semaine particulièrement difficile, 17 personnes ont trouvé la mort dans ces attaques terroristes. Aujourd’hui, la vie va reprendre comme elle était avant, du moins on l’espère. Et pourtant certains opportunistes se comportent comme des charognards. Tout est bon pour renforcer les outils et les moyens sécuritaires.

Quand Claude Guéant affirme que certaines « des libertés qui peuvent être facilement abandonnées », on peut dire que nous sommes au tournant d’un régime particulièrement autoritaire et arbitraire. Dans un sondage du Parisien du 13/01/2014, la population largement marquée par ce fait historique souhaite se ranger du côté de la Sécurité.

Le Parisien 13012015Cette course folle rappelle que la liberté s’est acquise face à l’idée de l’autoritarisme. L’autoritarisme n’empêche pas les actes de terrorisme, elle est uniquement là pour rassurer la population. Dans cas présent, il s’agit d’une réaction populaire et d’un opportunisme populisme de la part de ceux qui dirigent l’état. Mais soyons certains la course au « tout autoritaire » est dangereux, dans ce cas-présent, c’est aussi le détournement des évènements.

Or, on sait très bien que le terrorisme s’effectue souvent par des cellules dites dormantes ce qui rend quasiment impossible la protection 100 % efficace contre le terrorisme. Ce qui doit amener les pouvoirs à se poser les questions du comment le terrorisme prolifèrent en France et quelles sont les natures de celui-ci.

Mais on connaît déjà les dérives celui-ci. Puisque n’oublions pas que l’affaire Tarnac a ridiculisé les services et surtout s’est fondée sur la création d’une affaire de terrorisme tout droit créé par l’état.

Patriot Act à la Française ? Parlons de la LPM alors.

Et pourtant, le terrorisme religieux a pour fondement l’obscurantisme. L’obscurantisme a pour phobie l’éducation et la culture. Ainsi, la prévention face à l’obscurantisme pour la grandeur parait particulièrement simple, des livres contre des balles, voilà la meilleur riposte.

Forcément, ceux qui font le jeu du populisme sont contre l’éducation et ont pour objectif de baisser l’âge obligatoire de l’éducation nationale.

Les lois Scélérates sont dans le même sens que le patriot act I et II de Georges W. Bush. Elles sont aussi la honte de la France.

Pourtant, cela sous-entend que pour sa mise en application des éléments extérieurs doivent donner lieu à des argumentations de surface, c’est la phase de la réaction.

Il me semble qu’en France, nous ne sommes pas près de céder notre liberté, puisque cela reviendrait à rentrer dans un cycle sans fin de la peur : le terrorisme crée la peur, la peur crée un sentiment d’insécurité, le sentiment d’insécurité créé l’autoritarisme, et ainsi de suite.

Aussi, dans le même temps, le journal satyrique allemand Morgenpost a été incendié dans la nuit du samedi à dimanche. D’après différentes sources, cette attaque serait liée à la diffusion des caricatures de Mahomet dans leur dernier numéro pour rendre hommage à Charlie Hebdo.

Un moment aussi pour mettre en avant la fraternité

La fraternité est un des mots de la devise républicaine. Elle est issue de la révolution française de 1789, on la doit à Maximilien de Robespierre dans son Discours sur l’organisation des gardes nationales. Pourtant à l’heure où ces mots perdent leur sens dans une crise systémique du capitalisme, c’est un rebond assez incroyable qui s’opère devant nos yeux.

Pour une fois, la devise en a terminé d’être figée servant uniquement à décorer le marbre, elle est partie pour battre le pavé, mais pendant combien de temps ? Telle est la grande question. On se la pose, mais le sursaut ne cachera pas la réalité, du mal qui ronge petit à petit la France : le Capitalisme.

10420141_408467215976680_5893439338716357506_nOn a pu remarquer aussi de très bons symboles détruisant tous les préjugés qu’une minorité peut porter. Dans ces moments particulièrement importants où les français musulmans sont attaqués par l’extrême droite, il est de nature logique à réaliser un front commun contre l’extrémisme religieux et la haine. La tolérance, le respect et la laïcité sont les trois facteurs pour réaliser l’union entre les personnes et qu’ils puissent être libres.

Le déclenchement des violences en réaction à la vague d’attentats, a créé près de 116 attaques gratuites contre les lieux de culte musulmans, les magasins musulmans ou encore des agressions physiques contre les musulmans.

Cette haine dilapidée par une frange bien précise de la population ne peut qu’être l’œuvre des antirépublicains primaires et de ceux qui vouent une croyance à la hiérarchie des religions et la division du peuple français. Ce n’est pas pour rien que l’extrême droite a manifesté de manière isolée en tenant un meeting à Beaucaire.

Dans ce contexte, il est plus que nécessaire que les croyants de chaque religion marchent côte à côte pour dénoncer l’intégrisme, le fondamentalisme et l’extrémisme religieux avec le même poids, les mêmes mots, et ne jamais oublier la vision du vivre-ensemble. C’est aussi des moments de fraternité qui renforcent le peuple puisque l’objectif reste le même, et que cela se fait dans la tolérance de chacun. Mais aussi, on ne mettre de côté les athéistes tout comme les agnostiques, puisque s’ils ne croient pas en un « être supérieur », nous sommes dans le même bateau.

Être ou ne pas être « Charlie »

Le slogan « je suis Charlie »

Joachim Roncin est à l’origine de l’image du slogan « je suis Charlie ». Il n’a pas dû en saisir la portée lorsqu’il écrivait de manière sobre quelques lettres sur un fond noir. Le monde se l’est réapproprié et en a donné un sens différent selon les personnes. Ainsi, nous assistons à deux visions opposées de l’analyse du slogan en fonction de son utilisation et le contexte dans lequel il est placé.

En effet, le fait que les personnes face au drame réagissent vite et de fait s’inscrit dans le cadre de la réaction. Elle est forcément l’émanation de sentiments de certaines personnes. Ainsi, l’expression « je suis Charlie » se doit d’être mieux analysé puisque sinon on ne peut que conclure que c’est une expression réactionnaire et non réfléchie.



Luz : « Etre Charlie c’est être obscurantophobe » par franceinter

Pour autant, il parait très important que Charlie Hebdo soit maître du slogan et que celui-ci devienne une de ses marques de fabrique. Dans le même temps, certains opportunistes n’ont pas hésité à mettre en place un vaste Business mercantile. Même si l’INPI a refusé que la marque soit créée, des centaines de produits dérivés existent sur la toile.

Ce qui nous rappelle un peu plus que dès que le deuil national est terminé, les petits-bourgeois reviennent et se permettent de se faire des bénéfices sur le dos des 17 personnes assassinées sauvagement.

Aussi, nous assistons à la vente des numéros de Charlie Hebdo aux enchères. En effet, la spéculation va bon train, les prix augmentent. Les numéros se font de plus en plus rares, certains n’hésitent pas à débourser des milliers d’euros, pour acquérir des vieux numéros, il s’agit d’un mouvement opportuniste.

Le slogan « je ne suis pas Charlie »

Malgré la force de la réponse face à l’attaque terroriste dont a été victime la France, certaines personnes ne sont pas senties ou représentées « Charlie ».

Il s’agit-là d’une interprétation personnelle, chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais il est encore à mettre en évidence que la question des arguments délivrer pour justifier toute position politique. Or, nous assistons à une dérive inquiétante.

Nathalie Saint Cricq se présente comme une journaliste politique française, elle a donc déclaré : « il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie » :


Cette vision entre dans le cadre d’un maccarthysme d’un nouveau genre ou d’une chasse aux sorcières. Alors que les personnes ont manifesté pour la liberté de la presse, il est à rappeler que la liberté de penser est essentielle, ceux qui n’ont pas de liberté de pensée alors sont contraints à errer dans un système uniforme et autoritarisme, pour ne point l’appeler une dictature.

De fait, il me parait tout à fait légitime de remettre en avant l’article 11 de la DDHC : « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi », ce dernier fonde le droit et la société dans laquelle nous vivons.

Aussi cette traque consisterait à affirmer que tous ceux qui ne sentent pas représenter par le slogan serait de facto des ennemis à éliminer. Il y a les germes d’une autre société en cours, mais celle-ci n’est pas fondée sur la liberté.

10420033_928229630521565_6512897240503546876_nDe plus, a-t-on essayé de comprendre et de communiquer des différentes positions ? En effet, chacun n’a pas la même vision, ni les mêmes arguments. Mais du fait de l’amalgame en cours, il est à considérer que seul ceux qui ne sont pas d’accords, seraient des islamistes, des barbares, des meurtriers, et j’en passe et des meilleurs.

Pourtant, lorsque nous regardons de plus cette vision, tout à fait erronée, on ne peut que constater que des personnes qui sont  l’avant-garde de certains combat.

La critique est un droit, ne nous trompons pas. Le populisme surfe sur le manque d’argument et permet la diffusion de la haine. Cette attaque au débat public est dangereuse. Si Eric Zemmour avait été assassiné, serait-on obligé de dire « Je suis Eric Zemmour » ? La question est bel et bien là. Puis comme le remarquait l’un de mes confrères blogueurs, être soi, c’est déjà compliqué.

Uderzo comme bon nombre d’artistes a déclaré « moi aussi Je Suis un Charlie ». Sauf que son dessin ne semble avoir la même signification concernant la liberté d’expression. En effet, les babouches de la personne en face montre effectivement qu’Astérix ne s’adresse pas au terrorisme, mais à ce qui est différent des « Gaulois ». Dès lors, la permutation du slogan concernant la liberté d’expression s’inscrit dans une logique tout à fait identitaire. La rhétorique permet d’affirmer « Je suis un Gaulois », par extension « Je suis un Français de souche ».

Les conséquences de l’extrapolation du Slogan « je suis Charlie » ne va absolument pas dans le cadre de l’idée que faisait le journal Charlie Hebdo. Dans cette période de trouble, la question identitaire prend le dessus sous forme d’argumentation, mais ne peut résoudre le problème de fond.

Cette richesse du débat, on essaye de la supprimer au nom de certaines valeurs morales, c’est le capitalisme en lui-même, que l’on soit tous identique et l’on pense la même chose qui essaye de se mettre en avant.

La vente du n°1178 de Charlie Hebdo : l’effet de masse

Il s’agit d’une numéro « des survivants », il affiche un dessin de Mahomet avec le slogan « je suis Charlie » laissant une larme. Il s’agit bel et bien d’une provocation, mais si cette première de peindre en soi n’est pas une caricature, mais fait référence au no 1011 (Charia Hebdo).

Nous revenons encore une fois sur le fait que le visage du prophète ne doit pas être dessiné selon différentes traditions. Mais après avoir fait des recherches, la représentation du visage est une interprétation théologique, mais le visage peut-être dessiner.

Une de CharlieMais loin de se poser la question si le journal est bien ou pas, il apparaît que l’hystérie collective a pris les devant, pour un exemplaire, il s’en sera surement vendu au bas mot près 7 millions. Les Français se sont levés très tôt pour redécouvrir les kiosques à journaux et la presse.

En effet, le premier jour aux alentours de 7 heures du matin. Face à ce phénomène de masse, les citoyens se sont donc rabattus vers deux quotidiens : le Canard Enchainé et Libération, oubliant ouvertement l’Humanité.

Nous avons aussi assisté à une spéculation incroyable sur internet, les charognards se sont faits plaisir en revendant à prix d’or. Ces gens-là n’ont pas d’amour ni pour le journalisme, ni pour la presse, mais uniquement pour l’argent. Ils sont alléchés par l’odeur d’un billet de banque.

Pour rappel historique, les « quatre grands » journaux du XIXème (le Petit Parisien, le Petit journal, le Journal et le Matin) tiraient quotidiennement au-dessus du million d’exemplaires, avec une diffusion oscillant autour des 2 millions d’exemplaires par jour pour certains d’entre eux en temps normal. En 2013, le Parisien/Aujourd’hui en France, Le Figaro, Le Monde, l’Équipe, les échos, Libération, La Croix, et L’Humanité, les principaux quotidiens nationaux français totalisés prés de 1,7 million de ventes par jour… Soit moins que le seul Petit Journal à la fin des années 1890.

L’apologie de terrorisme est un délit

Ils sont nombreux à se réjouir de la mort des journalistes, des policiers et des personnes dans le supermarché casher. Le délit est qualifié de la manière suivante :

« Le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 € d’amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne. Loi n°2014-1353 du 13 novembre 2014 – art. 5. »

Près de 3500 Tweets ont par ailleurs été identifiés dont certains avec le #JeSuisKouachi  ou #JeSuisCoulibaly à travers le système Pharos.

Plusieurs personnes ont été jugées, avec de la prison ferme pour certaines personnes.

706976-12-01-2015-10-22-30Mais force est de constater que la justice n’est pas la même pour tout le monde concernant encore une nouvelle fois, la position de Dieudonné, un humoriste (auto-proclamé) très habitué aux dérapages antisémites s’est enfoncé un peu plus. Il profite toutefois en matière de justice du deux poids, deux mesures. Il est très habitué aux tribunaux comme le démontre la dernière condamnation concernant « Barbara ».

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